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La servante aux corneilles – Dan Vyleta

servante aux corneillesJ’avais déjà entendu – vaguement – parler de l’auteur, mais c’est sa parution chez Alto qui m’a vraiment donné envie.  Je ne lis pas souvent en traduction (de l’anglais) mais les leurs, de traductions, me plaisent presque toujours.  En plus, la dite traductrice était Dominique Fortier.  Ajoutez à ça cette couverture, Vienne, l’après-guerre et la perspective de retour chez soi bouleversés… j’étais convaincue.

 

Et je suis tout aussi convaincue suite à la lecture du roman.  Un bon gros roman de 700 pages qui se lit tout seul, rempli de coïncidences troublantes et d’une panoplie de personnages qui s’agitent dans cet univers glauque qui devient au fil des pages presque un personnage en lui-même.  Du début à la fin, je me disais qu’il y avait un je-ne-sais-quoi de Dickensien.  Des touches d’humour mêlés au sordide, une multitude de liens qui nous apparaissent graduellement et ces « hasards » romanesques que j’aime tant chez Charlie.   Sa flopée de personnages – sauf peut-être un – est toutefois beaucoup plus nuancée.  Ici, c’est le festival des apparences et des faux semblants.   Chacun porte sa part de noirceur, de culpabilité, ses petites mesquineries.   Bref, j’ai retrouvé ici une partie de ce souffle romanesque que j’aime dans les romans de Dickens et comme dans ceux-ci, j’ai ressenti une sympathie folle pour tous les personnages, les méchants comme les gentils.

 

Et après m’être dit ça pendant presque 4 jours… je lis le mot de l’auteur… et je réalise qu’en effet, il a bien hésité entre Balzac, Dickens et Dostoïevsky… et que des clins d’oeil se sont glissés un peu partout.  Et comme j’en ai reconnu quelques uns, ça me fait toujours un petit velours personnel… comme une inside joke entre moi et l’auteur.   Mais je m’égare.  Revenons au roman.

 

L’histoire commence dans un train, au dessus d’un thé.   Deux personnages.  Anna Beer, qui revient trouver son mari qu’elle n’a pas revu depuis 9 ans.   Robert Siegel, quant à lui, revient voir sa famille après plusieurs années passées dans un pensionnat en Suisse.  Ils ne s’étaient jamais vus avant, et pourtant…

 

Le roman explore de nombreux thèmes mais surtout les difficultés de toute une classe sociale autrichienne dans la période de la reconstruction, alors que personne n’a encore décidé si l’Autriche était une victime ou une alliée de l’Allemagne.  La dénazification est en cours mais le passé récent est toujours présent, obsédant.  Il est aussi question de recherche de vérité, de culpabilité, de justice… bref, de nombreux thèmes qui font nous font réagir et réfléchir à la fois.   Les relations entre les personnages sont mouvantes, imparfaites, pleines de compromis et ça m’a énormément plu.

 

Bien entendu, on pourrait reprocher les coïncidences un peu grosses, les fils parfois voyants mais je n’ai pu lâcher le roman et j’ai choisi de me laisser porter et de profiter de ma lecture.  Du coup, j’y ai passé un excellent moment!

 

mois anglais 2015

Cette traduction est québécoise et Dan Vyleta est tchèque et a grandi en Allemagne… mais il a habité en Angleterre jusqu’en 2007 alors j’ai décidé que ça comptait!  Na!  (Capillotraction, quand tu nous tiens…)

10 Commentaires

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    • choup sur 23/06/2015 à 07:19

    Je ne connais pas l’auteure, mais ce que tu en dis, notamment ses influences, me donnent très très envie de le lire. Et j’aime ton exercice de capillotraction!! 🙂

    1. :)))
      Sérieusement, j’ai vraiment aimé. Je ne pensais pas être autant « dans » cette histoire. J’ai du mal à me plonger dans autre chose. L’auteur a écrit un autre livre dans le même univers… je pense que je vais le lire.

  1. Je ne connaissais pas du tout mais ton billet est très tentant. Et en plus la couverture est originale et plus jolie que la version anglaise 😉 Je vais aller voir ça de plus près.

    1. Il est sorti en anglais et vient juste de sortir ici au Québec. Les couvertures chez Alto sont toujours magnifiques.

  2. Un auteur germano-canadien dans le mois anglais ? De quoi me mêles-je ? Je ne me suis pas inscrit alors… mais quand même, cela surprend… et de surcroit, cela se passe à Vienne.
    Je me le note pour le mois germano-austio-canadien. J’espère bien le lire avant. 🙂
    Le Papou

    1. Non, mais il a habité looooongtemps en Angleterre. Bon, il faut définir longtemps, mais un bon moment. J’aime capillotracter, je pense! Et je te conseille. Je pense vraiment que ça peut te plaire.

  3. miam mais il faut que je le mette sur ma liste à acheter cet été, il n’est pas dispo en france 🙂

    1. Alto fait peut-être une version numérique, je n’ai pas vérifié. Mais sérieux, je suis presque certaine que ça va te plaire.

  4. Je ne connais pas l’auteur non plus, mais ton billet m’incite le découvrir. Ce roman semble avir tout pour me plaire.

    1. J’ai vraiment vraiment adoré pour ma part. Je conseille!

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