La ballade de l’impossible – Haruki Murakami

J’ai lu ce roman dans le cadre d’une vidéo ennéagramme. Je devais lire des romans avec des protagonistes du même type que moi (5w4 pour si vous voulez le savois, je suis certaine que vous ne pouviez vivre sans cette information époustouflante) et il semblerait que Watanabe, le personnage principal, soit de ce type. Après avoir lu le roman, j’ai du mal à reconnaître la soif de connaissances (certes, il lit) et la crainte de l’incompétence et je vois surtout un personnage qui se laisse porter par les événements. Ceci dit, je suis bien contente d’avoir retrouvé Murakami dont j’aime énormément la plume.

De quoi ça parle

Dans un vol pour l’Allemagne, Watanabe, devenu adulte, entend une chanson, Norwegian wood, des Beatles. Cette musique lui rappelle les années 68-70, alors que, jeune adulte, il revoit Naoko, ancienne petite amie de son meilleur ami du secondaire s’étant suicidé à 17 ans. Il va se remémorer cette période et revoir cette période charnière de sa vie.

Mon avis

Murakami, c’est une plume, une ambiance. Quand on entre dans cet univers, nous savons que nous allons passer un moment flottant, que nous ne comprendrons pas tout et que nous aurons droit des instants un peu hors du temps, avec parfois 2 ou 3 chats qui parlent. Dans celui-ci, j’ai retrouvé cette atmosphère si particulière, sans élément de réalisme magique toutefois. Je dois avouer qu’aux 2/3 du roman, je ne savais toujours pas où ça s’en allait vraiment! J’ai mis un mois à le lire pour cause de sommeil intempestif mais j’appréciais ma lecture. C’est assez contemplatif, assez lent, ce n’est pas un roman que nous lisons pour l’action, mettons. Pour ma part, j’ai vraiment aimé ce passage à l’âge adulte, cette réflexion sur la difficulté à passer le cap, à sortir de l’enfance et de toute la nostalgie qu’elle implique. Et que se passe-t-il quand on n’y arrive pas? Les dialogues sont souvent répétitifs, on sent que les personnages sont coincés quelque part et ont du mal à aller de l’avant. Et my god que ce roman donne faim!

Mon bémol, c’est encore une fois le traitement des femmes, qui sont évanescentes, sans réelle substance. Nous sommes à la fin des années 60 et j’imagine que tout le monde a une sexualité débridée mais certains sujets de conversation tombent parfois comme un cheveu sur la soupe. Le récit est très introspectif, Watanabe, le personnage principal, est fort centré sur lui-même et devinez à quoi pense un mec de 20 ans? Et, visiblement, toutes les femmes pensent de même!

Ceci dit, c’est une lecture qui me fait réfléchir, même après ma lecture. Encore une fois, nous n’avons pas toutes les réponses, il y a une réelle douceur dans le propos et le récit coule de lui-même. Les personnages ne se dévoilent jamais entièrement, ils choisissent ce qu’ils vont partager l’un avec l’autre, et avec nous, par conséquent. C’est nostalgique et ça dresse un très beau portrait des amours impossibles de l’adolescence, celles qui auraient pu être et que nous avons fantasmées.

Murakami, quoi!

5 Commentaires

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  1. Un bien joli titre de Murakami, oui, j’adore la manière dont cet auteur aborde ses personnages, et son ton, entre mélancolie et sérénité..
    Et c’est quoi une vidéo ennéagramme (et je n’ose même pas te demander ce que signifie 5w4 !) ?

    1. L’ennéagramme est un genre de test de personnalité qui se base sur les motivations des gens plutôt que sur leurs actes. Nous avions prévu une vidéo avec Booktube Québec… que je n’ai pas encore faite of course. Mon type de personnalité est 5 – ma motivation, c’est le savoir, l’apprentissage, me sentir compétente. C’est assez vrai!

  2. Ça me parle beaucoup… J’aime les ambiances de Murakami et le jeu qu’il établit avec le lecteur. Je note celui-ci. Merci!

  3. Merci pour ces précisions, j’aurai appris quelque chose aujourd’hui !

  4. J’aime beaucoup l’auteur, mais le sujet ne me tente pas.

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