Kim Jiyoung, née en 1982 – Cho Nam-Joo

Un roman phénomène en Corée du Sud… comment résister? En tout cas, moi je ne résiste pas… et je suis tombée des nues!

De quoi ça parle

Kim Jiyoun est une femme coréenne comme les autres. Arrivée au milieu de la trentaine, l’horloge bien huilée semble se dérégler et elle agit de façon de plus en plus étrange. Dans ce court roman, nous retournons dans le temps pour la rencontrer enfant, née d’une mère dont la belle-famille voulait un garçon. Un portrait frappant de la mysoginie intégrée, encore de nos jours.

Mon avis

Je n’aurais jamais cru dire ça mais, sérieusement, ce roman m’a ouvert les yeux sur une réalité que je n’aurais jamais soupçonnée, surtout en Corée du Sud. Cette femme est plus jeune que moi et j’ai eu l’impression qu’elle venait d’un autre univers, encore plus mysogine et sexiste que ce que ma mère a vécu. On ne sait pas vraiment qui elle est, elle n’est « qu’une fille », « qu’une femme ».

C’est un texte très factuel, avec des chiffres et des résultats de recherche. Les enjeux de société sont bien expliqués, bien illustrés par la vie de notre héroïne et c’est clairement la partie qui m’a le plus intéressée. J’ai clairement eu l’impression de sortir de ma tour d’ivoire non seulement par rapport à la condition de la femme, tenue pour quantité négligeable, mais sur celle des gens en général, la classe moyenne qui doit travailler en fou pour ne serait-ce que pouvoir se loger. Impossible pour moi de ne pas réagir face à la condition de cette fillette, discriminée dès l’utérus, qui doit toujours manger après « le petit frère » et se sacrifier pour lui, alors que son tour ne viendra jamais. Les paroles de son mari « moderne » qui veut « l’aider »… c’est rageant!

Le seul bémol pour moi est que j’aurais aimé mieux comprendre les épisodes du début, alors qu’elle parle avec d’autres voix que la sienne. Est-ce pour montrer que c’est la même chose pour toutes? La protagoniste n’a pas vraiment une personnalité qui lui est propre et j’aurais aimé en savoir davantage sur ces voix que nous entendons.

Ceci dit, c’est une lecture que je conseille. Comme je le disais, de nombreux enjeux que vivent les femmes sont très bien explicités.

2 Commentaires

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  1. J’en garde un bon souvenir, même si je n’envie pas la vie des femmes coréennes.

  2. Tout à fait d’accord, c’est à lire, même s’il ne faut pas en attendre de la grande littérature.

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