Journal – Hélène Berr

Le pourquoi du comment

Parce que j’ai décidé de piocher dans ma pile et que je suis tombée sur celui-là. Qui y était depuis quoi… 9 ans peut-être. Oui, je sais, je sais!

C’est quoi, ce livre

De 1942 à 1944, Hélène Berr a tenu un journal. Elle habitait Paris, était en licence d’anglais à la Sorbonne, venait de rencontrer un jeune homme et était juive. C’est à travers ses mots que nous allons vivre ces deux ans et nous verrons son regard changer alors que les choses empirent quotidiennement, sans que les gens semblent réaliser ce qui se passe.

Mon avis

Comment est-il possible de donner un « avis », une « appréciation » sur ce journal? Impossible. Une vraie vie brisée, une vraie personne interrompue, des vraies souffrances, qui semblent presque universelles pour les juifs de l’époque… Comment « aimer » tout ça? Ceci dit n’empêche que c’est pour moi un texte essentiel. Pour ne pas oublier.

Hélène est une jeune fille qui ressemble beaucoup à ce que j’étais à 20 ans. Elle est passionnée de littérature, de musique, aime la philosophie, se questionne au sujet des garçons et s’inquiète pour des broutilles. Au début, elle est vivante et pétillante et jusqu’à la fin, elle reste capable de s’émouvoir de la beauté des choses, même si elle se sent coupable de le faire. C’est extrêmement émouvant et il sera facile pour plusieurs de s’identifier à elle. Ça aurait pu être nous, ça aurait pu être moi. Sauf qu’elle est beaucoup plus courageuse, généreuse et altruiste que j’aurais pu l’être.

Il faut savoir, quand on ouvre un journal intime, que nous allons manquer de références. J’ai mis un bon moment avant de comprendre que Denise était sa soeur et je ne suis pas encore certaine de bien savoir qui est qui parmi ses amis. Un tel document est aussi, surtout au début, totalement ancré dans le moment présent, sans le moindre recul. On est dans l’émotion, dans le quotidien, et le tout rend Hélène très humaine, presque accessible. On passe de moments terribles, très forts, à des réflexions enjouées sur un garçon ou à des frustrations au sujet d’un certain Gérard (je n’ai d’ailleurs pas vraiment compris qui il était ni ce qui s’était passé). C’est étonnamment bien écrit et on ressent vraiment le décalage entre le vécu d’Hélène et ce qui est perçu par les non-juifs, même ceux sont ses amis et qui sont sympathique à leur cause.

Un journal qui fait mal, et qui nous fait à nouveau comprendre l’horreur du quotidien et les changements profonds que la situation a amenée chez chacun. Le changement graduel fait mal à voir et vu que nous savons comment ça va finir.

Une lecture nécessaire, donc.

(15 commentaires)

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    • Une ribambelle on 13/05/2019 at 00:50
    • Répondre

    Elle a donné son nom à ma médiathèque.

    1. Ah oui? Cool!

  1. Absolument nécessaire! Lu et pas o ublié.

    1. Idem. Elle reste vivante.

  2. Entièrement d’accord avec toi : un livre essentiel, qui m’avait complètement bouleversée.

    1. Il y avait un moment que je n’avais pas été secouée comme ça.

  3. Je ne l’ai pas lu, alors que l’on en a beaucoup parlé à sa parution. Il n’est pas trop tard pour le faire.

    1. Je l’avais acheté pratiquement à sa parution, quand on en avait justement beaucoup parlé. Ça a été long, comme tu peux voir. Jamais trop tard (et là, je vais chanter la chnason!)

  4. Je trouve ce genre de journal d’une lecture trop décousue (mais c’est normal).

    1. Décousu, certes mais dans ce cas, je n’ai pas été déçue.

  5. Une lecture que j’ai faite il y a peu de temps, comme pour toi trop longtemps dans ma PAL ! A lire

    1. Tout à fait. Il était dans ma pile depuis une éternité et je manquais quelque chose.

  6. Hello! Oui, une lecture nécessaire, je suis d’accord avec toi. Je suis d’ailleurs ravie d’en lire un nouvel avis. Moi aussi, j’ai eu du mal à identifier certaines personnes, mais c’est secondaire par rapport au document humain vraiment remarquable.

    1. Tout à fait. C’est une lecture essentielle, pour ne pas oublier.

  7. J’en suis sortie intéressée mais j’ai trouvé ce journal moins frappant que d’autres sur la même période. C’est un peu trop décousu pour moi.

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