Jour 96 – Vieille ville et histoire polonaise

Déjà septembre! Je commence donc mon avant-dernier mois de voyage en Pologne, alors que nous partons en visite guidée de Varsovie. Katerina, notre accompagnatrice et guide de Cracovie, laisse la place à Maria, guide de Varsovie, qui va nous faire visiter la ville. Le tout a commencé par une recherche intensive de la clé de la chambre que Delphine a trouvé le moyen de perdre, entre le moment où elle est revenue de déjeuner et le moment où elle a voulu aller aux toilettes. Dans la chambre. On a viré la chambre et nos valises de bord et on ne l’a JAMAIS retrouvée. Son séjour commence bien, elle!

 Aujourd’hui, c’est un jour spécial car c’est le 80e anniversaire du début de la 2e guerre mondiale pour la Pologne, alors qu’un village et des bastions avaient été attaqués par les allemands.  Du coup, plusieurs cérémonies sont prévues et plusieurs chefs d’état sont attendus. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de policiers au mètre carré… et le nombre de rues barrées. Miracle, on réussit à presque tout faire.

En fait, il me manque un peu de background historique sur la Pologne. Je fais faire du wikipedia ce soir, je le sens, ne serait-ce que pour avoir les grandes lignes de l’histoire du pays.  Ce matin, plusieurs ont les deux yeux dans le même trou parce qu’il y avait une boite de nuit tout près de l’hôtel. Bon, moi je n’ai rien entendu, hein… je suis tombée de fatigue tout de suite après avoir mangé, probablement la faute à l’avion. Du coup, j’ai dormi comme un bébé et je profite du voyage en bus jusqu’à Gdansk pour commencer mon billet du jour alors que tout le monde dort.

Nous commençons la visite par l’ancien ghetto de Varsovie, un peu plus loin de la vieille ville. J’aurais bien voulu faire un petit détour par le vieux cimetière juif mais je ne connais pas assez le groupe pour faire valoir mon grand talent légendaire. Je me garde une petite gêne. 

C’est vraiment horrible ce que le peuple polonais a vécu pendant la 2e guerre mondiale. Les allemands croyaient que Varsovie ne tiendrait pas une semaine mais elle s’est défendue un mois entier et ont fini par signer l’armistice le 28 septembre car ils manquaient de tout. Ceci dit, une résistance s’est organisée un peu partout en Pologne et la population a été franchement maganée. C’est que 2 semaines après, ce sont les Russes qui attaquaient l’est du pays! Des camps de concentration ont rapidement été construits, dont le camp d’extermination de Treblinka, à 80km de Treblinka. Les juifs de Varsovie ont aussi dû construire les murs du ghetto, un espace de 4km2 qui contenait 300 000 personnes. Après un an, le tiers était mort.  6000 personnes par jour partaient à Treblinka… et ne revenaient pas.

Nous pouvons admirer le monument aux morts du soulèvement du ghetto de 1943, dont Mordechaj Anielewicz et Marek Edelman. Suite à ce soulèvement, les déportations sont suspendues pendant quelques jours mais les allemands répliquent en anéantissant le quartier au lance-flammes. Les insurgés savaient bien qu’ils ne s’en sortiraient pas mais se sont battus pour la dignité. L’église catholique, qui semblait avoir un nom aryen, a quant à elle été épargnée. Les pierres du monument aux insurgés avaient d’abord été achetés pour construire un monument à la gloire de l’armée allemande… ironique de voir à quoi elles ont finalement servi.  De l’ancien quartier, il ne reste plus rien. Qu’un bout de mur.

Entre les juifs et les polonais, ce n’était pas toujours rose, mais ils vivaient depuis longtemps en relative paix. Les juifs sont venus en pologne au 13e siècle et à une époque, 80% des juifs européens étaient en Pologne. Une grande et belle synagogue avait d’ailleurs été construite pour maquer cette cohabitation somme toute réussie. Elle a été détruite, bien entendu.

Le musée d’histoire des juifs de la Pologne, tout près, est un magnifique bâtiment moderne, réalisé par des filandais, sur concours. Son architecture est pleine de symboles, notamment les vagues faisant référence à Moïse qui traverse la mer pour trouver la terre promise. C’est vraiment très très beau. Malheureusement, nous n’avons pas le temps de le visiter.

Plusieurs monuments aux déportés sont visibles dans les rues, que ce soit pour les camps allemands ou pour la Sibérie. Sur l’un d’entre eux sont inscrit 400 prénoms juifs et polonais et nous retrouvons des arbres cassés sur la devanture, symbole d’une vie interrompue de façon inattendue.

Nous nous dirigeons ensuite vers la nouvelle ville de Varsovie, la nowe miesto. Pendant l’occupation, les allemands ont dû agrandir le ghetto pour loger d’autres polonais et tout a été détruit, bien entendu. Toutefois, avant, il y avait des palais et des institutions, dont le tribunal. Ce dernier a été reconstruit de façon moderne, avec un toit transparent et des terrasses tout en haut. Question que les avocats relaxent, même si comme le dit Delphine, c’est fort rare, des avocats relaxes!

Le monument du 1e août 1943 est magnifique et il ne donne absolument rien en photo. Il est situé tout près du palais de justice et est divisé en trois parties, voulant représenter les gens qui se sont battus, ceux qui se promenaient dans les égoûts pour tenter d’aller d’un quartier à l’autre ainsi qu’un prêtre qui bénissait ceux qui entraient dans les fameux égouts…. Vu que plusieurs n’en sortaient jamais.

En 1943, les Russes n’étaient pas loin et les polonais ne voulaient pas qu’ils soient les libérateurs de Varsovie. Comme ils croyaient qu’ils allaient leur venir en aide, la résistance est sortie des divers cachettes et ont combattu ouvertement, avec le peu d’armes qu’ils avaient, en volant les casques des allemands pour se protéger un peu. L’ancre est le symbole de cette résistance, que les allemands ont combattu quartier par quartier. Les allemands ont gagné, bien entendu. Et tous les combattants ont été fusillés.

Nous continuons plus loin près de l’église de l’armée, pour aller voir l’extérieur du musée de Marie Curie (étrange, je venais de voir, il y a quelques jours, une autre de ses maisons à l’île St-Louis), qui est situé dans sa maison natale. Cette histoire, je la connais parce que j’avais un livre traitant de cette scientifique quand j’étais petite. Vous savez, la série blanche où chacun des personnages avait un ami imaginaire…. Me semble que celui de Marie était une petite éprouvette!

Bref, Marie Curie est née en Pologne et voulait étudier les mathématiques. La pologne était sous occupation russe et pour une femme, étudier, c’était même pas en rêve, surtout les sciences. Elle est donc allée à la Sorbonne, après avoir fait un arrangement avec sa sœur ainée Bronia qui y est allée avant elle faire sa médecine. Géniale, elle a fait la licence de maths en un an et celle de physique en un an aussi. Elle e st revenue en Pologne mais n’a pas pu y travailler (la faute à la jupe). Elle est donc retournée à Paris avec Pierre Curie, qu’elle a épousé, pour y poursuivre ses recherches. Elle a eu 2 prix Nobel, tout ça en étant la première femme à avoir un permis de conduire, la première femme à enseigner à l,université et la première femme au Panthéon. On raconte que la dame a transporté seule un gramme de radium en train de Paris à Bordeaux pour le protéger.

Nous continuons dans la vieille ville de Varsovie, la plus jeune « vieille ville » de la terre, vu qu’elle a été démolie, mais reconstruite à l’identique. Ici, quand l’intérieur des murs à double muraille a été trop petit, on a agrandi au bord de la rivière. Nous traversons donc les barbacanes faites avec des pierres du 14e récupérées ici et là. Ça en jette, quand même. Les maisons sont ornées et colorées et nous arrivons sur la place du marché, très belle, où trône une sirène, symbole de la ville, en son centre. Chaque maison a une petite particularité, une petite décoration et c’est vraiment agréable de s’y promener. On en perd un pendant quelques minutes mais il est finalement revenu. On a trouvé notre promeneur du groupe, je pense. Sur les maisons, qui étaient toutes bâties par des commerçants, des symboles pour diriger les gens qui ne savaient pas lire et expliquer la fonction du bâtiment. On fait le saut d’entendre dire « nègre » de façon très libre ici… Je suis restée bête.

Un peu plus loin sur la route, la cathédrale gothique anglaise, toute en brique (et qui ne ressemble pas du tout aux cathédrales anglaises que j’ai vues). L’église a été détruite car des insurgés s’y étaient cachés et ne pouvant y entrer par la porte e bronze, trop solide, les allemands ont dynamité un mur et fait entrer un tank à l’intérieur. Vous pouvez vous imaginer le résultat. Une seule chapelle a survécu, et elle contenait un Christ en croix, avec une barbe. On la croit maintenant miraculeuse.

Comme la route est fermée, nous ne pouvons visiter le palais royal mais nous, on avait fait hier alors ça va! On n’est pas trop déçues. On retourne au bus en passant devant une statue d’enfant pour honorer les jeunes qui pendant l’insurrection, montaient dans les arbres pour balancer des cocktails molotov sur les chars d’assaut hautement inflammables des allemands ainsi que devant une haute colonne en hommage au roi, dont la colonne de Vendôme est inspirée.

On se rend ensuite au parc Lazienki, grand espace vert en plein milieu de Varsovie. On devait voir la statue de Chopin mais elle était trop près des zones gardées pour les big boss.  So sad. Mais bon, nous voyons quand même le très beau palais et les ruines d’un théâtre romain.  Le canal qui y passe a été agrandi ainsi que l’île, construite sur pilotis, comme St-Petersbourg. En effet, une riche famille princière y avait un pavillon de bains, très beau et bien décoré. Le dernier roi de Pologne a tellement aimé l’endroit qu’il l’a transformé en petit palais. Petit… il faut s’entendre hein! Comme résidence d’été, c’est pas mal du tout.

Ce palais n’a pas été détruit car comme c’Était le plus beau quartier de Varsovie, les allemands y avait établi leurs quartiers et ils n’ont pas eu le temps de tout détruire avant de partir. En effet, en 1795, après 3 divisions de la Pologne, l’état polonais a été rayé de la carte et partagé entre la Russie à l’est, l’Autriche au sud et la Prusse au Nord. IL a fallu 123 ans pour récupérer l’indépendance polonaise mais les polonais ont toujours conservé leur langue et leur désir de pays. Bon, il y a certes eu le duché de Varsovie… mais ça n’a pas vraiment duré!

Nous passons devans le musée Chopin (un jour, un jour, j’irai) où se trouvent ses derniers pianos. On nous montre aussi une image du théâtre royal, où ne se jouent que les classiques Molière, Racine et Shakespeare et Corneille. En effet, le roi avait mis leurs quatre effigies au coin du plafond et on n’y joue qu’eux.

On mange dans un resto en sous-sol, tout voûté et très joli. Par contre, il y a des espagnols bruuuuyants… et qui nous parlent en espagnol et se vexent quand on ne comprend pas tout de suite. On a mangé du veau pané avec de la choucroute très très bonne, avec de la viande et des champignons. Pour boire, on avait du Kompot, une eau aromatisée et bouillie. J’étais over contente de manger des trucs typiques au lieu de la bouffe internationale d’hôtel.

Nous prenons ensuite la route pour Gdansk, dans le nord du pays. Mettons qu’on en a pour un moment alors notre guide en profite pour nous parler un peu de l’histoire (pas besoin d’aller sur wiki, finalement… ah oui pour l’orthographe des noms. Disons que c’est pas gagné).

La Pologne a été baptisée en 966, lors du baptême du premier souverain polonais. IL habitait la grande pologne et sa capitale était Gniezno. Le premier roi y a été couronné, à la cathédrale, en 1025. Le pays a atteit son maximum de puissance en 15e siècle mais par la suite, au 17e et au 18e, plusieurs guerres (Suède, Turquie) l’ont affaiblie, ce qui a mené à son déclin et au partage dont j’ai parlé plus tôt.

La liberté a été regagnée en 1918 mais n’a pas été une période facile… Le retour à la domination a eu lieu lors de la seconde guerre mondiale et suite à celle-ci, ce sont les russes qui avaient la main mise sur le pays, qui était communiste et privé d’un certain type de liberté.  À Gdansk, un premier syndicat libre, avec un életricien à sa tête, Lech Waleza, est apparu dans les années 80 et lors de la fin du communisme polonais, le 4 juin 1989, il a été élu premier président. Ä n’a pas té un succès… et comme plusieurs pays, le retour de la liberté et du libéralisme ne s’est pas fait sans heurts.

Tout a changé pour la Pologne en 1989. De pays très traditionaliste, ils sont passés à la modernité. Le taux de chômage a grimpé en flèche car des usines privatisées se révélant non-rentables ont été fermées. Déçus, les polonais ne l’ont pas réélu et ont opté pour un nouveau président plus charismatique… et ancien membre du parti communiste.

Actuellement, le taux de chômage est bas en Pologne, et encore plus dans les grandes villes. Beaucoup d’Ukrainiens viennent d’ailleurs pour trouver du travail.  Le salaire moyen est de 5000 zlotys par mois, mais le minimum est de 2250 zlotys. Le coût de la vie n’est pas très cher et ils ne veulent rien savoir de passer à l’euro! Toutefois, il y a beaucoup moins de petits agriculteurs. Si la Pologne est toujours catholique, de plus en plus de jeunes vivent en concubinage ou seuls. Le nombre d’enfants a diminué et l’âge du premier enfant a augmenté… comme partout ailleurs en Europe, quoi!

Au plan géographique, le Nord est plat tandis que le sud est très montagneux. La région de l’est, les lacs, est encore très proche de la nature et très rurale. Je suis limite déçue de ne pas la visiter. Va falloir revenir, comme on dit!

Nous arrivons à Gdansk, la perle de la Baltique, vers 19h30 et si j’avais bien décidé au départ d’aller explorer après le souper, disons que vers 21h30, j’avais  ZÉRO envie de ressortir et finalement, Delphine et moi sommes pratiquement les seules à ne pas être allées nous balader. Sauf que certains, que nous ne nommerons pas, sont partis sans carte et sans trop savoir où ils allaient! Du coup, ils se sont joyeusement paumés… et sont rentrés 2 secondes avant le gros orage du soir. À noter que moi, je n’ai rien entendu du dit orage, vu que je dormais!

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