Jour 68 – Ville engloutie et patates frites

Aujourd’hui, c’était un jour de route… et le festival du Gravol dans le bus. En effet, la route était hyper sinueuse et les vues magnifiques ne suffisent pas pour leur rendre le voyage agréable.  Quant à moi, ça allait… et je lisais.  C’était une visite de la Lycie, une côte entre mer et montagnes. Ce nom est utilisé depuis les 7-8e siècles avant Jésus Christ, du nom du prince grec de l’époque. La première mention de ce nom apparaît dans les tablettes Hittites. Ce peuple était fort guerrier et ils préféraient combattre jusqu’à la mort au lieu de se rendre ou de se laisser capturer. C’est le seul endroit qu’Alexandre le Grand aurait renoncé à conquérir; il a préféré passer son chemin. La population vivait dans la montagne, de pêche et de commerce. Ils vendaient aussi des huiles et du parfum et figurent dans la guerre de Troie, du côté des troyens.

Ces terres ont aussi vu le massacre de Santos contre les persans. Brutus, quant à lui, avait offert une prime pour qui attraperait un Lycien vivant… ils n’en ont eu que 40. C’est dire leur philosophie

À Patara était situé le siège du Sénat. Chaque ville avait son ou ses sénateurs, dépendant de la grosseur des villes. Par contre, il ne reste que leur tombeau… parfois en forme de temple, de sarcophage, en pierre… ou encore une copie miniature de leur maison.  Nous voyons surtout des serres au loin et la région est le jardin de la Turquie. On dit aussi que la source d’Achille se trouverait près d’ici.

Kadir nous raconte encore une fois plusieurs légendes, dont celle de Bellerefonds et de Pégase, ayant réussi à tuer Chimère… et ayant connu une fin dégringolante aux mains de Zeus qui n’a que plus ou moins apprécié son arrogance… les mouches, des fois! On dit qu’à l’endroit où Chimère a été tué, il y aurait des flammes éternelles.

Nous passons aussi près de Demre, qui était en fait l’ancienne ville de Myra, dont St-Nicolas était l’évêque. Il aimait se déguiser et aider les gens. Un jour, on raconte qu’il entend par la fenêtre d’une maison que la fille aînée va se marier. Comme ils n’ont pas la dot, la plus jeune propose de se vendre comme esclave et, ému, St-Nicolas leur offre anonymement une bourse pour la dot. Il a fait de même pour la seconde fille mais quand vint le temps de la 3e, il faisait plus frais et la fenêtre était fermée.  Il a donc lancé la bourse dans la cheminée… et elle est atterrie dans une chaussette.  Ça vous rappelle quelque chose?

On roule tout l’avant-midi, pour arriver dans une petite ville où nous prendrons le bateau pour l’après-midi. Avec la chaleur et l’humidité, c’est plus que bienvenue et je trépigne comme une petite fille à l’idée de me jeter dans la méditérannée.  En fait, on est tous complètement crinqués à l’idée de nous pitcher à l’eau. Les côtes sont magistrales, c’est tellement, tellement beau, très escarpé. Nous arrêtons dans une crique pour manger et avant même que le bateau soit arrêté, on était prêts à sauter à l’eau.  Non mais se baigner dans la mer, c’est toujours particulier. Et on flotte sans même bouger.  On serait restés mais on est attirés par une délicieuse odeur de poisson grillé… du coup, on a pas le choix, faut rentrer. Et ça valait le coup, parce qu’on a mangé les meilleures frites de l’u-ni-vers. Et c’est une spécialiste des patates qui parle!

Ensuite, nous nous dirigeons vers l’île de Kekova, très près du continent. À cet endroit, il y a déjà eu des habitations à l’époque romaine, qui ont été englouties lors de tremblements de terre. ON l’appelle la ville engloutie mais en fait, seule une petite partie des habitations sont sous l’eau.  Il y a des vestiges jusqu’à 124m de profondeur sur 3 kilomètres et il y a plusieurs villes comme ça. C’est très particulier comme vue et il suffit de regarder sous l’eau pour voir des fondations, des escaliers et s’imaginer que des gens habitaient vraiment à cet endroit. C’est fou quand même!

Ensuite, j’avoue que je n’ai JAMAIS eu aussi chaud de ma vie.  Nous sommes montés vers le village de Simena, à flanc de montagne.  C’est mignon comme tout, plein de boutiques (j’aime les boutiques… rien à faire) où on vend des sorties de bain et des sacs. Mais sérieusement, j’étais ruisselante comme jamais… et je n’étais pas toute seule.  Même notre guide semblait un peu las à la fin de la montée, où nous sommes arrivés à d’anciens bains transformés en mosquée. Nous pouvons aussi voir un théâtre pour 100 personnes du premier siècle et des sarcophages jusqu’au 4e siècle avant Jésus Christ, tandis que les murailles datent du Moyen-Âge. C’est beau, on a une vue magnifique sur plusieurs criques, mais certains ont une mautadite hâte de descendre en espérant plonger un peu… (on ne nommerai personne)… mais peine perdue! Il fallait revenir. Heureusement, on rembarque sur le caïque bientôt… et on va se baigner à notre goût!

Dernier petit arrêt au-dessus de la ville de Kas pour prendre des photos et direction Fethiye, ville assez importante au bord de la mer. Notre hôtel est hyper bien placé, face au port et à la mer, et nous mangeons au 5e étage, au soleil couchant, avec une vue magnifique.  En plus, le verre est teinté et, nounoune comme je suis, je ne le réalise même pas… et je m’imagine que c’est vraiment, mais VRAIMENT turquoise. Et comme une nouille, je me demandais pourquoi mes photos ne donnaient pas le meilleur résultat!

Nous finissons la soirée en allant marcher sur le port, avec quatre autres membres du groupe.  On regoûte à la crème glacée, on admire les bateaux et on marche à vitesse tortue. Mais c’est cooool et on se sent vraiment en vacances. Bon, je me suis endormie en parlant à maman en revenant… mais c’est un détail hein!!

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