Gagner la guerre – Jean-Philippe Jaworski

Le comment du pourquoi

Tiens… c’est une bonne question, ça… pourquoi ai-je décidé soudainement de lire ce gros pavé de près de 1000 pages. Peut-être un goût de retrouver l’écriture travailler de Jaworski… bref, je ne sais plus. Mais je sais, par contre, que j’ai drôlement bien fait!

De quoi ça parle

Dans le Vieux royaume existe Ciudalia, cité du bord de mer gouvernée par des podestats assoifés de pouvoirs et d’illustres familles aux lourds secrets. Le roman s’ouvre alors que la puissante cité état vient de gagner la guerre, celle qui l’opposait à Ressine, et que les combattants reviennent au bercail. Mais après la guerre ait été gagnée, les combats sont-ils bien terminés? Notre anti-héros et narrateur, Don Benvenuto Gesufal, est un spadassin sans morale et sans scrupule aucune, au service du podestat Ducatore. Il est intelligent, redoutable, et ne recule devant rien pour parvenir à ses fins. Rien. Genre… vraiment, rien. Il va se retrouver malgré lui au milieu de luttes politiques et, en le suivant, nous découvrirons ce qu’il en coûte de – vraiment – gagner la guerre.

Mon avis

Ce roman est génial. Voilà, c’est tout. Génial. J’ai adoré. Le genre de roman où tu repères les petits trucs qui t’auraient fait tiquer si tu avais été moins prise dans l’histoire et dans les mots, mais dans lesquels tu choisis d’ignorer tout ça parce que « c’est trop bien ». Oui, je sais, j’en perds mes mots!

Est-ce que ce roman est pour tout le monde? Non. Certes pas. On est à la frontière de la fantasy de capes et d’épées, de la fantasy politique et de la dark fantasy et c’est sans doute ce dernier aspect qui pourra vous faire tiquer. Notre homme est un truand. Un vrai de vrai. Ni le sans ni les intestins ne lui font peur. Peu importe à qui ou à quoi ils appartiennent. Certaines scènes font frémir. Et en plus de ça, il a tous les préjugés du monde et les exprime clairement et crûment. Très. Et comme notre homme écrit ses mémoires, c’est à travers son regard biaisé que nous découvrons l’histoire. Il faut donc s’attendre à tout. Vous voilà avertis.

Sauf qu’après un moment, on se surprend à bien l’aimer, ce salaud. Et on voudrait bien qu’il réussisse sa mission sans trop casquer. Et le chapitre d’après… il est juste… détestable et on lui souhaite de mourir pendu par les testicules! Disons que le mec a la morale élastique. Mais sa voix, son ton… c’est jouissif. Ce personnage va rester avec moi. C’est qu’il est intelligent, le bougre. Il voit les choses venir, fait des suppositions, ne fait confiance à personne… ENFIN, un personnage qui réalise que tous peuvent avoir des idées derrière la tête. En fait, tous les personnages sont remplis de failles, tous ont des agendas cachés, et j’ai adoré découvrir leurs motivations petit à petit, leurs faiblesses et leur humanité. Même si elle est minuscule parfois.

La plume est soutenue et j’ai adoré la façon dont le ton de Benvenuto varie en fonction des situations (quand il rencontre des elfes troubadours… il commence à rimer… du moins, c’est ce qu’il m’a semblé), les descriptions m’ont fascinée, et je me suis passionnée pour les intrigues politiques. Parce que oui, en plus d’être le résumé des mésaventures de Benvenuto à travers un périple incroyable et plein de rebondissements, c’est la politique ciudalienne que nous suivons. Et Leonide Ducatore, ce personnage qui n’a l’air de rien, mais qui tire dans l’ombre presque toutes les ficelles. Par certains côtés, il m’a rappelé Tywin Lannister, vous voyez le genre.

Comme Benvenuto est l’homme de main de ce « grand » homme, il est témoin de ses machinations et de ses complots. Et à chaque fois que notre personnage principal croit qu’il a un peu de libre-arbitre (et nous aussi, par la même occasion), bang! Nope, en fait. Pas tant. L’univers politique est hyper complexe, les intrigues sont géniales et les jeux de pouvoirs m’ont fascinée.

Certes, il ne faut pas lire ce roman pour les personnages féminins qui sont… mais bon. Mais le monde, qui ressemble à la renaissance italienne ou un peu avant, où on ne peut se fier à rien ni personne, vaut le coup et pour ma part, j’y ai carrément VÉCU. Et c’était topissime.

Coup de coeur pour moi!

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