Aller à la barre d’outils

La fiancée américaine – Eric Dupont

fiancée américaineOh boy… comment vous parler de ce roman?  De l’auteur, j’avais déjà lu et aimé Voleurs de sucre mais là, on parle quand même d’autre chose.  Il s’agit d’une saga familiale qui commence à Rivière du Loup, dans le Bas-St-Laurent, mais qui nous fera passer par Rome, l’Allemagne (nazie et actuelle), New York, Toronto et Montréal.  C’est l’histoire de deux Madeleine, d’une tache de naissance en forme de clé de fa, d’un homme fort raconteur d’histoire devenu croque-mort, d’une femme morte… mais pas vraiment, de petites croix en or, de chemins de croix, de cultes du corps et d’opéra.  Le tout avec, en filigrane, la Tosca, ses thèmes et ses motifs récurrents.

 

Ça paraît fouillis… ça paraît étrange, je sais.  Il y a certainement une quarantaine d’histoires enchevêtrées de liens qui seront parfois clairs, parfois moins.  On nous balade joyeusement d’un personnage à l’autre, d’une époque à l’autre, avec des thèmes introduits, puis repris différemment, comme dans une pièce musicale… disons… un opéra?  Et c’est cette structure en particulier qui m’a fascinée dans ce roman.  Et fascinée n’est pas un terme trop fort.  Je suis admiration devant le travail de l’auteur à cet égard.  Entre les lettres, les journaux intimes, les récits à la 3e personne, les histoires qui s’entremêlent et les similitudes qui se dessinent petit à petit,  les éléments récurrents et essentiels nous sont graduellement offerts et la saga se dessine petit à petit.   Vraiment, ces similitudes entre le roman et la musique a fait résonner quelque chose en moi.

 

La fiancée américaine du titre ne survivra pas au roman.  Les situations sont parfois délirantes, parfois tragiques, toujours hautes en couleurs et même dans les moments pas drôles du tout, l’auteur réussit à placer une touche d’humour, de folie.  Parfois, on pense à Isabelle Allende… d’autres à John Irving… parfois même à Dickens, pour le talent de raconteur et le monde créé.  On parle de perte de contrôle du corps (que ce soit par choix ou imposé par la religion ou la dictature), on y parle de famille, mais surtout de la complexité humaine.

 

Connaissez-vous un peu l’opéra Tosca de Puccini?  Bon, ce n’est pas mon opéra préféré mais je connais l’histoire (et je pense que ça m’autant plus fait apprécier le roman) et surtout les personnages, leurs multiples facettes.  Car si dans Tosca, les rôles sont bien définis, dans cette histoire, rien n’est aussi simple et chacun des personnages revêt tour à tour différents costumes. Personne n’est blanc comme neige… chacun peut devenir le bourreau de quelqu’un d’autre… ou sa victime.   La vie quoi…

 

Bon, ok, dans la version québécoise, c’est écrit mini-mini-mini (j’ai finalement lu la version ebook)… c’est le principal reproche que je ferais.  J’avouerai aussi que le début des lettres, au milieu du roman, brise un peu le rythme mais ça reprend un peu plus tard… et on comprend parfaitement pourquoi ça a été fait comme ça!

 

Un roman touffu, truculent… que je conseille!  Et je n’avais pas touuuut deviné.  C’est bien, non?

Allez, on avoue… QUI d’autre a éclaté de rire quand il a compris POURQUOI Madeleine faisait le voyage, à la fin, hein???  Oh my… j’adore!

 

Ailleurs… les billets de Richard, Grominou, Le Papou, Venise

 

Québec en septembre 2014

25 Commentaires

27 pings

Passer au formulaire de commentaire

  1. Et encore un de noté 🙂
    Très bon cru québécois 🙂

    1. Celui-là, il est génial. Vraiment. Un truc particulier mais très intéressant!

    • Syl. sur 27/09/2014 à 03:32

    Un jour… oui peut-être l’année prochaine…

    1. Voilà, pourquoi pas! en plus votre édition est écrite moins serré que la nôtre.

    • Anne sur 27/09/2014 à 06:34

    Rien que la couverture est intrigante !

    1. Le roman l’est, en tout cas! Drôle, intrigant, épique… tout à la fois.

  2. Ah oui, c’est un délice, grandiose et un peu fou ! 🙂

    1. Voilà, tu as trouvé les bons mots!

  3. Comme toi j’ai été un peu dérangée par la brisure de rythme au milieu. Heureusement que ça reprend! Vraiment un petit bijou! Enfin, petit…

    1. Voilà. Tout petit petit petit!

  4. Ta dernière phrase pique ma curiosité ma chère.. mais je n’aurai pas le temps de le lire en deux jours, alors ce sera pour septembre prochain!!

    Hey t’es trop cultivée pour être mon amie toé… l’opéra j’connais rien moé là-dans! Bon, je parle comme les presonnages cucu de Denis Monette astheure!! ahahah

    1. Moi je ne connais pas tant que ça hein!
      Et oui, c’est un truc qui vaut la peine d’être lu.

  5. Je l’avais déjà noté mais tu me confirmes dans mon envie de le lire!

    1. Il faut!

  6. J’ai aussi adoré et sans toi je ne l’aurais jamais lu, mille mercis !

    1. Hélène: Génial! Tu me fais très très plaisir!

  7. J’avais déjà repéré la jolie couverture à la bibliothèque mais tu en parles tellement bien et avec tellement d’enthousiasme que j’ai maintenant hâte de mettre la main dessus … J’ai juste peur du nombre de pages (et du poids !) …

  8. Oh oui, je l’ai déjà repéré celui-là !! Je le renote du coup ! 😉

    1. Je conseille en tout cas. Un roman fleuve, très particulier, mais à découvrir!

  9. Très, très bien ! Je suis d’accord ! Pour les français, en vente à la librairie québecoise de Paris.

    1. Je l’ai vu chez Gibert. Donc, super cool pour les lecteurs français!

    • sandrine sur 14/11/2014 à 12:17

    Merci pour ce conseil de lecture: je l’ai dévoré. Je crois que je n’en aurais jamais entendu parlé si je ne l’avais pas vu sur ton site. Je ne laisse pas souvent de commentaires mais je le consulte régulièrement et fais des découvertes grâce à toi! je n’ai pas encore eu le temps de lire tout le récit de ton voyage en Russie mais les photos font vraiment envie. A défaut d’y aller, je vais me prévoir des lectures « russes » pour les semaines à venir. Merci encore!

    1. Ton commentaire me fait vraiment, vraiment plaisir. Surtout si tu as découvert un roman qui t’a fait vibrer! Merci de tes visites. Et pour les lectures russes, si tu en trouves des géniales, ne te gêne pas pour me donner tes recommandations. Je suis toujours preneuse!

    • Marie sur 29/07/2017 à 21:02

    Je viens d’en terminer la lecture. J’ai adoré! Je suis cependant restée perplexe à la fin de l’épilogue. Qui est donc cette Berta aux yeux sarcelles qui faisait l’entretien ménager à la résidence de Therese/ludwig? Est-elle une descendante du fameux Cheval Lamontagne?? Mystère.

    1. Arghhhh… ça fait longtemps, je ne peux plus dire… il faudrait que je relire le tout! Mais tu m’en donne limite envie!

  1. […] chez : Karine, Hélène, Claire […]

  2. […] fait penser à Isabel Allende (en version YA) ou, en moins complexe, touffu et foisonnant, à La fiancée américaine, d’Eric Dupont.     Rassurez-vous, c’est assez simple pour éviter l’arbre généalogique […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.