Felix Ever After – Kacen Callender

Le comment du pourquoi

Au début, c’était la faute à la couverture. Puis j’ai vu beaucoup de critiques très positives sur les blogs et les chaînes anglophones. Alors je l’ai pris quand j’ai eu envie de New York. Parce que c’est là où l’histoire se passe.

De quoi ça parle

Felix Love est un jeune New Yorkais trans qui, malgré son nom, n’a jamais connu l’amour. Il est étudiant dans un collège artistique et rêve d’entrer à Brown et espère réussit à avoir une bourse. Cet été-là, il est dans une école d’été, fait la navette entre l’appartement de son père à Harlem et celui de son meilleur ami Ezra. Malgré les hormones et la chirurgie, il est encore en questionnement face à son identité (comme si c’était pas suffisant d’être queer, Noir et trans) et est bouleversé quand il reçoit des messages transphobiques sur Instagram et qu’une personne malveillante, sous couvert de happening artistique, publie des photos de lui avant sa transition.

Mon avis

Non mais ce roman est EXCELLENT! Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un si bon roman YA, qui réussit à intégrer de façon hyper efficace et naturelle des éléments éducatifs dans une histoire prenante. L’auteur est lui-même trans, ce qui rend le point de vue très crédible et les questionnements de Felix sont particulièrement réalistes et bien exprimés. Même si nous ne sommes pas passés par là, il est très facile de ressentir son angoisse, sa douleur, sa frustration. C’est loin d’être un personnage parfait, il est perdu, il fait parfois des conneries, mais il est profondément humain. Il est Noir, il est trans, il est queer, et est encore en recherche de lui-même. Il a l’impression qu’il est « too much job » pour que quelqu’un puisse tomber en amour. Et c’est parce que justement, il explore et se questionne, parce qu’il se trompe et que, justement, il a une peur bleue de se tromper, de ne pas réussir sa transition, qu’il est à ce point touchant.

Les personnages secondaires sont aussi hyper intéressants. Ezra, son meilleur ami, est génial et solaire malgré ses propres failles qu’il cache très bien. Les autres étudiants ont des visions variées, pas toujours politically correct et remplis de zone de gris. Leurs réactions nous font parfois fondre, parfois enrager. Et c’est représentatif. Il y a toutes sortes de personnes et ceci dans tous les milieux, même celui LGBTQIA+. Le milieu étudiant est très immersif, très changeant, et j’ai beaucoup apprécié. Quant aux errements et aux presque triangle amoureux, ça m’a plutôt plu. Les deux personnes auraient été crédibles… et possibles!

Si les parents ne sont pas très présents dans l’histoire, on sent toutefois leur influence et ce que ça a causé chez les jeunes. Felix doit gérer le fait d’avoir été abandonné par sa mère, ce qu’il n’accepte et ne comprend pas. Ses relations avec son père sont en dents de scie car même s’il l’a supporté dans sa transition et qu’il a payé pour la chirurgie (avec un salaire d’ouvrier), il a encore de la difficulté à utiliser son nom.

C’est un roman qui parle d’arts, d’amitié, d’amour et d’identité. Ça parle aussi de questionnements, d’évolution, du droit au bonheur et du droit à l’erreur. Ça parle de la vie d’un jeune trans à New York et des premiers émois. C’est bien fait, comme c’est du YA, tout ce qui doit être « called out » l’est et ça parle aussi de choix. Choix d’identité, d’amis, de partenaire, d’avenir aussi.

À lire pour la représentation, la voix de Felix, pour l’histoire et pour New York! Ça se lit tout seul (malgré quelques répétitions) et je le recommanderais à tous!

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