Étincelle – Michèle Plomer

C’est avec ce roman que je fais la rencontre de Michèle Plomer.   Cette auteure québécoise a vécu 4 ans en Chine, pays qu’elle avait longtemps rêvé.  Pendant ces années, elle a enseigné l’anglais à l’université de Shenzhen et elle y a connu Song, une jeune enseignante lumineuse avec qui elle a lié une amitié sincère.   Pour l’anniversaire de Michèle, Song devait cuisiner un repas dans son tout nouvel appartement de fonction, fourni par l’université.  Mais Michèle choisit de passer une nuit d’amour avec Feng, l’homme de qui elle est amoureuse et quand Song ouvre le gaz, tout explose.   La jeune femme est gravement brûlée.   Dans la Chine actuelle, une femme n’a déjà pas beaucoup de valeur.  Imaginez une femme brûlée.

 

Je suis allée en Chine il y a quelques années. Quel voyage. La Chine, j’en rêvais et j’ai vraiment aimé ces 26 jours.  Je n’ai que survolé le pays et leurs coutumes, mais j’ai pu constater le fossé qui sépare parfois la pensée occidentale de la pensée chinoise.   Michèle, la narratrice (nous sommes dans l’auto-fiction ici), a quitté temporairement le Québec pour la Chine et prend graduellement conscience de la toute puissance du Parti et des limites des libertés.  En exil partout, l’amitié avec Song est le lieu où elle peut être elle-même, où tout est possible.  Suite à l’accident, la culpabilité, la terrible cupabiliité, qui va lui faire mettre sa vie en veilleuse pour être avec elle.  Nous suivons donc la narratrice dans cette parenthèse entre son travail et l’hôpital du Peuple où Song souffre le martyre pendant que sa famille s’est installée dans l’antichambre, avec un courage de folie.

 

Bon, là, vous vous dites que ça doit être déprimant au boutte!  Mais non, en fait.  Si la narratrice vit une période difficile, si on se demande pourquoi elle réagit ee cette façon, si intensément, Song, quant à elle, est intrinsèquement lumineuse et rayonnante.   Ce qui devrait être un drame l’est, certes, mais devient rapidement une renaissance.   Les deux femmes s’apportent mutuellement énormément et chacune d’elle va sortir différente de cette épreuve.  C’est tendre et dur à la fois et on nous peint par petites touches des moments marquants qui nous permettent de les voir évoluer toutes les deux.

 

J’ai beaucoup aimé la plume, les chapitres courts et les images de Chine, parfois magnifique et parfois très cruelle.  Il y a certes des éléments de critique sociale mais je n’y ai ressenti aucun jugement (contrairement à ma mère), juste un sentiment d’inadéquacité  et d’incompréhension face à deux mondes qui se rencontrent difficilement.

 

Un roman qui parle de culpabilité, de rédemption et de vie réinventée.  Je crois que je lirai ses autres romans qui, paraît-il, nous présente une Chine mystique et légendaire!  J’ai beaucoup aimé son écriture et sa façon de nous faire rencontrer ses personnages!

(18 commentaires)

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  1. Je trouve que tu donnes très bien envie d élire le livre et il ne me paraît pas plombant, ne t’inquiète pas.

    1. Fiou!!

  2. Oui, on sent que tu as tout aimé dans ce roman.

    1. Oui, j’ai beaucoup aimé. Tout en délicatesse.

  3. il semble bien tentant ce roman !

    1. Il m’a beaucoup plu. Je conseille.

  4. Et hop ! L’univers de Michèle Plomer déploiera ses grandes ailes exprès pour toi !

    Je l’ai tout lue, je la lis et la lirai !

    Ton commentaire de lecture donne le goût de replonger.

    1. J’ai drôlement envie de lire Dragonville, en fait! J’ai beaucoup aimé cette découverte.

  5. Je viens de le noter venant de chez Nadège _ anne @ je sur ligne 😉

    1. Certes, on est presqueu synchro!

  6. Je ne m’attendais pas du tout à un tel résumé au vu du titre ! C’est intéressant quand un livre déroute déjà, avant même d’être ouvert 😉

    1. Moi non plus, je ne m’attendais pas à ça… je ne lis jamais les 4e quand je commence un roman et j’ai failli tomber de ma chaise.

  7. Malgré un thème qui je crois pourrait me plaire, on dirait que rien ne m’accroche réellement pour le moment, ni ici, ni chez Nadège

    1. Faut pas forcer les choses… si tu le lis un jour, ce sera quand tu en auras vraiment envie.

  8. Je serais tentée mais je risque d’avoir beaucoup de mal à trouver ce livre ici 🙁

    1. C’est souvent un peu le problème avec les livres d’ici… la distribution en Europe. C’est ce qu’on me reproche le plus souvent avec le mois québécois.

  9. J’espère que tu auras autant de plaisir à lire « Dragonville ». J’ai de plus en plus envie de le relire ! Et de découvrir plus avant les écrits de Michèle Plomer !

    1. J’espère aussi! Je prendrai le premier au salon du livre en fin de semaine!

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