Du domaine des Murmures – Carole Martinez

Le comment du pourquoi

Je ne sais pas si j’aurais choisi ce roman à ce moment précis si je n’avais pas pigé la catégorie « Roman dont le titre commence par la lettre D » dans le défi Serpent et Échelles 2021. J’avais ce roman depuis près de 10 ans dans ma pile et il y traînait encore, c’était l’occasion, n’est-ce pas?

De quoi ça parle

France, 12e siècle. À 15 ans, Esclarmonde, fille du châtelain des Murmures est la plus belle de toutes. Toutefois, malgré ses demandes pour entrer dans les ordres, son père veut des descendants et tient à la marier à Lothaire, fils de son ami et voisin, seigneur de Montfaucon. Toutefois, la jeune fille dit « non » et décide de s’emmurer vivante pour échapper à cette union et se donner tout entière à sa foi et à Dieu.

Mon avis

J’avais un peu peur avant d’entrer dans ce roman. Les excès religieux et moi, on est généralement pas vraiment amis. Mais étrangement, dans ce cas précis, la plume de Carole Martinez m’a cueillie dès le départ et m’a portée tout au long du roman. Le récit s’ouvre sur les Murmures, de nos jours, sur ses échos et ses brumes qui se souviennent de l’histoire d’Esclarmonde, jeune femme qui a choisi son destin, celui d’être « morte au monde » à 15 ans, seule façon pour elle de contrecarrer son destin de femme. Pourtant, les choses ne vont pas de dérouler comme elle l’avait cru.

Le ton est résolument onirique, plein de ferveur et le récit permet de mettre en lumière les superstitions et les croyances du Moyen-Âge. Recluse, emmurée, Esclarmonde est écoutée pour la première fois, elle découvre son pouvoir et n’étant pas une sainte personne, malgré son souhait, elle en profite à sa manière. En effet, à travers sa fenestrelle, elle peut rencontrer les pèlerins, limite les entendre en confession… et les punir comme elle le croit bon. Cependant, les données vont rapidement changer.

On suit la vie du château à travers les yeux d’Esclarmonde, mais aussi à travers le lien mystique qu’elle entretient avec son père et les croisés partis libérer Jérusalem. La place de la religion et des légendes est prépondérante, la finale m’a conquise mais surtout, surtout, ce roman a un réel souffle, une vraie voix.

Bref, une vraie réussite pour moi, à mon grand étonnement. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs puisque Le coeur cousu avait été une fabuleuse lecture!

10 Commentaires

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  1. Je me suis engagée dans cette lecture avec, comme toi, avec prudence, le moyen-âge et l’exaltation religieuse n’étant pas non plus ma tasse de thé, et j’ai été emballée par l’écriture, l’atmosphère.. Un roman très réussi, avec lequel je découvrais cette auteure, mais j’ai noté Le coeur cousu !

    • Aline sur 12/02/2021 à 11:29

    je garde un excellant souvenir de cette lecture.

  2. J’ai suivi à peu près le même cheminement que toi. C’était pas gagné au début, mais j’avais tellement aimé « le coeur cousu » que je me suis lancée. Et je ne l’ai pas regretté.

    • krol sur 12/02/2021 à 15:40

    J’aime beaucoup l’écriture de Carole Martinez et j’ai tout aimé d’elle… sauf son dernier que j’ai abandonné. Mais celui-ci fait partie de mes préférés avec Le cœur cousu.

  3. j’en ai vu une adaptation au théâtre que j’ai beaucoup aimée! Mais je n’ai toujours pas lu le roman…

    • Lilly sur 14/02/2021 à 09:44

    J’en garde un bon souvenir, même si mon coup de coeur ultime avec Carole Martinez est « La Terre qui penche ».

  4. Je vais le lire. Je l’ai dans ma bibliothèque! Ton billet m’incite à le sortir!

  5. Moi aussi j’y étais allée un peu circonspecte et j’ai été totalement emportée ! Rien que d’y penser à nouveau, ça me plait !
    Je ne l’ai pas vraiment été par contre pour la presque suite qu’est « La terre qui penche ». Du coup, j’hésite à lire « Le coeur cousu » de l’autrice maintenant… Je craquerai bien un jour.

    • Choup sur 16/02/2021 à 13:58

    Bonjour Karine, j’avais beaucoup imé celui-ci, tout comme le Coeur cousu, j’ai par contre été déçue par le suivant, que je n’ai d’ailleurs pas fini. Je ne me souviens pas pourquoi je l’avais abandonné, d’ailleurs. Pas captivé par les personnages je crois.

  6. Bonjour Karine:), c’est en effet une belle lecture avec toujours l’écriture de Carole Martinez. Bonne après-midi.

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