Débâcle – Lize Spit

Quelle noirceur dans ce roman!  À voir la couverture, je me doutais que ce ne serait pas que paillettes et licornes arc-en-ciel mais je ne m’attendais pas non plus à ce que ce soit si sombre et qu’il y ait si peu d’espoir entre ces pages.

 

C’est donc un récit à trois fils, qui nous baladent entre passé et présent.  Le premier, minute par minute – ou presque – ,  représente le présent de la protagoniste, Eva de Wolf.  Elle a reçu quelques semaines auparavant une invitation de Pim, un ami d’enfance et va revenir, après 13 ans, dans son petit village de Bovenmeer, avec une idée en tête.  Le frère de Pim, Jan, aurait eu 30 ans cette année-là et Pim veut en profiter pour faire le lancement de sa nouvelle production laitière.

 

Le second fil, le plus terrible, nous ramène à l’été 2002, celui où tout à changé.  En 1988, il n’est né que trois enfants dans le village. Pim, Laurens et Eva sont donc les trois mousquetaires.  Un pour tous et tous pour un.  Mais l’adolescence arrive et Eva se sent la troisième roue du carosse parce que fille, ce qui va la pousser à de nombreuses concessions.  Cet été, Pim et Laurens ont un plan : voir les plus jolies filles du quartier nues et plus si possible.  Eva, en tant que fille qui ne s’aime pas, est là pour être l’arbitre, mettre les autres filles en confiance, un peu contre son gré, pour préserver son amitié avec Pim et Laurens.  Bref, la situation en elle-même est horrible, le rôle que doit jouer Eva l’est tout autant.  Mais croyez-moi, ce n’est rien…

 

Puis, le troisième fil nous balade dans l’enfance d’Eva où elle grandit en compagnie d’une soeur fragile qu’il faut protéger, d’un frère qui fuit dans la science et de parents alcooliques et souvent violents.   Le contexte familial, que tout le village connaît mais qui se contente de juger sans rien faire, fait mal à voir.  Toute cette vie de village est aussi très bien rendue, avec ses ragots et ses petites trahisons. C’est noir, souvent glauque, aucune nostalgie de l’adolescence ici.  Les descriptions sont précises et ne nous épargnent pas.  Cette jeune fille qui s’efface fait mal à voir.  Mon seul reproche serait quelques longueurs, qui sont probablement dues au fait que j’avais anticipé plusieurs éléments de l’histoires… mais ça ne rend pas du tout les choses moins terribles au final.

 

Un roman qui dérange…  et qui sera ma participation au mois belge d’Anne et Mina.

Il entre aussi dans le défi de Madame Lit!

(24 commentaires)

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  1. Ravie que tu l’aies lu et que tu en parles car j’ai vu le roman chez le libraire et vu la couverture, je me demandais bien ce que renfermait ce livre à la couverture dérangeante.

    1. C’est hyper dérangeant. J’ai été complètement virée de bord à la fin. Une auteure à suivre.

  2. Il est dans ma PAL, ta chronique me permet de le remettre vers le haut pour l’attaquer sous peu. 🙂

    Merci pour cet article !

    1. Mais de rien! J’ai beaucoup aimé ce roman qui dérange… cette atmosphère malsaine, un peu glauque… et cette finale… ouf!

  3. Ca reste intrigant et attirant aussi pour moi. Merci de ta lecture !

    1. Tu me diras si tu te décides.

  4. Pas facile comme roman on dirait mais tentant .

    1. Non, pas facile, mais il marque. Je conseille.

  5. J’ai vu ce roman un peu partout mais je ne me doutais pas que l´écrivaine était de nationalité belge. La couverture à quelque chose d’un peu répugnant. Elle m’angoisse! Je note ton titre pour le défi!

    1. Oups, j’avais oublié de te le signaler! Désolée! Mais oui, le roman est très étouffant, angoissant. Ça représente bien la perte de l’innocence, je trouve.

  6. Je n’en avais pas du tout entendu parler. Ça a l’air bien sordide, mais je comprends la curiosité qui pousse les gens vers cette lecture. Rien qu’avec ton billet, j’essaie de savoir ce qu’il s’est passé…

    1. C’est la couverture qui m’avait intriguée… et c’est vraiment terrible. Mais bon, quand même, ce roman m’a marquée.

      1. J’ai feuilleté la fin (oui, c’est mal), et en fait, ça ne me tente plus du tout (et je n’ai pas vu grand chose). Non mais c’est quoi ces tarés ?

        1. Bah non, c’est pas mal! Si tu savais le nombre de fins de série que je me suis fait spoiler pour ne pas avoir à me taper la suite! Mais oui, tu as raison. Tarés. C’est le cas de le dire.

  7. Une lecture qui me tente de plus en plus.

    1. Un roman très dur, très glauque, mais sérieusement, il m’a marquée. Et limite que je relirai peut-être.

  8. Tentée et hésitante à la fois, je l’avais repéré pour le défi mais j’attendrai encore un peu, j’ai de plus en plus de mal avec la glauquitude !

    1. Si la glauquerie te rebute, oublie ça. C,est… arghhhh…

  9. oh non, trop dérangeant pour moi ! rien que la couverture… brrr

    1. Ce n’est pas doux, en effet… il faut savoir à quoi s’attendre.

  10. Je lambine. J’hésite. Je branle dans le manche (faut dire qu’il n’est pas donné…)
    Je crains le «Ben voyons donc» qui pourrait me venir à la fin.
    Tu sais que j’aime le glauque! Tu penses qu’il est pour moi?

    1. Nope, pas donné… bibliothèque, peut-être?
      Je ne sais pas si tu vas aimer, mais je serais hyper curieuse de connaître ton avis. J’ai été choquée parce que je ne m’attendais pas vraiment à ça. Tout cet été-là est glauque, ce passage à l’âge adulte fait froid dans le dos… mais je pense quand même que tu pourrais tenter le coup.

      1. J’ai finalement craqué! Je l’ai commencé hier soir. Rendue à la page 64, je suis bien imprégnée. Ça promet!

        1. Si tu es déjà imprégnée au début, ça commence bien. Le départ est un peu lent… mais quelle atmosphère.

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