De pierre de d’os – Bérengère Cournut

Le comment du pourquoi

Je ne voulais pas lire ce roman. J’avais lu que ça parlait du peuple inuit et il est écrit par une allochtone alors j’avais hyper peur d’y retrouver une vision folklorique et grand n’importe quoi. Mais une amie me l’a mis dans les mains en me disant « tu-n’as-pas-le-choix ». Alors je l’ai lu… et beaucoup aimé. S’agit-il d’une voix et d’une représentation crédible? Aucune idée. J’aimerais avoir l’avis d’amis autochtones pour connaître leur avis. Mais ça m’a plu. Mais j’anticipe.

De quoi ça parle

Nous somme dans le pays du froid, dans le nord du monde, pays où l’hiver, la nuit dure des mois. Uqsuralik venait de saigner pour la première fois quand la glace se fend et qu’elle se retrouve isolée de sa famille. Avec ses chiens et une peau d’ours, elle va donc errer sur la glace et tenter de survivre dans cette nature souvent hostile mais magnifique, rencontrer des gens et partir à la recherche d’elle-même.

Mon avis

Bon, je l’ai dit en ouverture de billet… j’ai aimé ça. L’art de scrapper le suspense hein! Je ne m’attendais pas à aimer ça, et je me suis laissée prendre. Dans ce court roman, nous suivrons Uqsuralik pendant une bonne partie de sa vie. Nous la verrons tenter de survivre, chasser, trouver à manger, aller à la rencontre de la nature et des gens, jusqu’à se créer une famille. C’est l’histoire d’une vie de femme dans un univers souvent rude, peuplé d’hommes et de femmes qui vivent au rythme des longues nuits, des jours interminables, des froids meurtriers et des grands vents. Une vie de chasse, de pêche, mais aussi de chants et de légendes.

Les pages de vie s’alterment avec ces chants, à la fois rudes et poétiques. La plume est très simple, le rythme souvent haché mais l’autrice a su m’emmener avec elle dans ces maisons d’hiver où on peut presque voir les sourires poindre sur les visages burinés. J’ai d’ailleurs adhéré davantage aux chapitres plus réalistes qu’à l’éveil de l’héroïne ses pouvoirs chamaniques. Les traditions et croyances m’ont beaucoup touchée, notamment en ce qui concerne le choix des prénoms d’un nouveau né. Le personnage de Saoniq, la vieille mère, m’a particulièrement émue.

J’ai lu que l’autrice avait fait énormément de recherches pour construire son récit. En tant que néophyte de la culture inuit, cette porte ouverte sur leur mode de vie millénaire m’a réellement interpellée et je sens que je vais avoir envie de lire davantage de romans au sujet de cette culture. Nous savons qu’Uqsuralik a vécu il y a longtemps, même si ce n’est pas clairement énoncé. Cette étendue glacée est située on ne sait trop où, non plus… peut être près des terres de Baffin. Mais malgré la distance instaurée, malgré la philosophie de la vie très différente de celle de l’occident, j’y étais, dans ce bout du monde. Et j’ai versé une larmichette.

Un roman à découvrir, pour aller ailleurs et se laisser porter au gré des saisons, sans attente. À vous de voir si vous avez le goût de tenter le coup.

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