Chemin Saint-Paul – Lise Tremblay

Chemin Saint-PaulIl y a entre l’écriture de Lise Tremblay et moi un petit quelque chose, un courant qui passe.  Est-ce parce qu’il y a souvent une part de Saguenay dans les romans?  Est-ce parce que cette simplicité apparente est pour moi le meilleur moyen de faire naître images et sentiments?  Je ne sais trop, en fait.  Mais si cet ouvrage de Lise Tremblay, nettement plus autobiographique, est fort différent de ce que j’ai lu d’elle auparavant, j’ai tout de même adhéré tout autant… et j’ai envie de relire La Héronnière.  Comme, environ, une fois par année.   Mais je m’égare.

 

Dans ce récit, l’auteure nous raconte ses parents, entre deux différentes chambres : celle de la maison de soins palliatifs où elle a accompagné son père et celle de l’hôpital psychiatrique où se trouve sa mère un an plus tard.  Pour l’auteur, ce père avait toujours été la barrière qui se dressait entre la folie de sa mère et elle.  Cette mère qui en avait trop vu, qui avait été trop déçue et qui en voulait à ses enfants.  Comme d’autres.  Cette mère qui perdait lentement la raison et qui remet sa fille face à son enfance, et face à la vie de ses parents, qui ont vécu de presque rien dans ce Saguenay d’antan, qui y est révélé sous un jour réaliste et parfois étonnant.

 

On parle beaucoup de sa mère, une femme parfois violente mais surtout une femme sacrifiée à sa génération, prise pour avoir un tas d’enfant.  Prise pour sacrifier ses rêves à son époque et à renier ses idéaux.   Comme beaucoup d’autres femmes de son époque, en fait. Et c’est ce qu’on sent, derrière ce récit de la vie d’une femme, d’une famille et d’une vie.   Mais c’est surtout l’image d’un père lumineux, un homme d’un autre temps, d’une autre époque, qui a tenu cette famille à bout de bras, qui a protégé sa femme et ses enfants également.   Cet homme qui a dit « non » à un moment donné et qui a choisi de s’en aller, mais qui s’est aperçu, à la fin, que c’était plus dur qu’il pensait, de mourir.  Petite phrase qui fait mouche.  Qui brise le coeur.

 

La plume est fluide, touchante.  Chaque mot est juste et tisse un petit lien entre l’auteur, la femme qu’elle est devenue, et celle de sa famille, qui venait d’un milieu humble, milieu qu’elle a quitté, mais qui reste tout de même en elle.   Une femme qui a choisi, toute enfant, d’être du côté du chemin Saint-Paul.

 

Un roman à lire.  Comme tous ceux que j’ai lus de l’auteur.  Avec La héronnière, c’est mon nouveau préféré!

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(8 commentaires)

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  1. Il a l’air très beau ce roman, même s’il est dur. Je le note. Je n’ai encore jamais lu l’auteure.

    1. C’est plus « beau » que « dur », je pense. J’adore ce qu’écrit l’auteur.

  2. Une auteure qu’il faut que je découvre !

    1. Ouiiiiii!!! Il faut!

  3. Je note avec grand intérêt. Merci Karine pour cet autre beau billet.

    1. Si tu aimes l’auteur, sérieusement, il faut. C’est magnifique.

  4. Je n’ai pas encore lu cette auteure. Mais, si ça se passe au Saguenay, il me le faut !!! 🙂

    1. Oui, en partie au Saguenay! Pour le Saguenay des années 60, il y a « La soeur de Judith » qui est aussi bien!

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