Un certain M. Piekielny – François-Henri Désérable

Premier aveu : J’ai dû m’y prendre à deux fois pour lire ce court roman.  Lecture, voyage et moi, ça fait pas un bon mix.

Deuxième aveu: Je n’ai jamais lu Romain Gary.  Tout ce que je savais de lui, c’était à cause de Génies en herbe.  Celui qui a gagné deux fois le Goncourt.  Mais quand j’étais ado, pour être « deep », fallait avoir lu La vie devant soi.  Je suis opposante.  Donc, jamais lu.  Il est dans ma pile, pourtant.  Mais bon.  Welcome to my life et mes contradictions.

 

Est-ce que ça m’a empêchée d’apprécier ce roman?  Non, pas du tout.  Mais j’ai mis plus de temps à entrer dedans.  Manque de références, peut-être.  Toutefois, on nous explique super bien.  Et avouez que c’est intrigant.  Dans « La promesse de l’aube » (un autre que je n’ai pas lu.  Allez, sortez le fouet), au chapitre 7, un habitant de l’immeuble du jeune Roman lui demande si, comme le dit sa mère, il devient célèbre, de mentionner à tous les puissants de ce monde qu’au 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait monsieur Piekielny ».  Fascinant, non?  Qui était ce monsieur, cette « souris triste »?  C’est la mission que se donne l’auteur (ou son alter ego… sait-on jamais).

 

Quand je l’ai ouvert la première fois, je me suis dit « bon, une excuse bidon pour faire un genre de bio sur Gary et sur l’adoration de l’auteur pour Gary ».  Et parce que je suis de mauvaise foi, je l’ai reposé en me disant que je le lirais à mon retour.  Puis, en le reprenant, je me suis dit que oups, non, franchement, il y avait autre chose là… et je l’ai repris du début, avec cette nouvelle idée en tête.  Et j’ai drôlement bien fait parce que j’ai adoré.

 

Ouais, je sais, je suis chiante, je parle autant de moi que du roman dans ce billet.  Mais si ça vous énerve trop, sachez que le « je » de l’auteur revient souvent dans ce roman.  Moi, j’aime bien.  Quand c’est bien fait. Ce qui est le cas ici.

 

Donc, ce n’est pas une bio bidon.  Qu’est-ce alors?  Une réflexion sur la création, la littérature, l’imaginaire et les vies fantasmées.  Il y a Gary, sa vie, ce qu’il était, mais il y a ce personnage insaisissable que poursuit l’auteur à travers les pages.  Ce Piekielny qu’il ne peut retracer (yep… yavait pas facebook dans ce temps-là).  Qui est-il?  Est-ce si important?  Entre vie réelle et romanesque, on se questionne et on plonge avec lui dans cette recherche, on vit la fin anonyme de Piekielny pendant la seconde guerre mondiale… et on se met à réfléchir à l’existence propre qu’ont tous ces personnages et ces oeuvres de fiction dans nos vies.

 

Et ça, ça m’a énormément plu.

Il parait que le premier roman de l’auteur est tout aussi bien.  C’est certain que je me pencherai dessus!

(20 commentaires)

Passer au formulaire de commentaire

  1. Je ne connaissais pas du tout ce livre mais je note. En tout cas ça prouve bien qu’il faut souvent laisser une deuxième chance aux livres, un peu comme avec les gens en fait.

    1. Tout à fait. J’ai beaucoup aimé et c’était mal parti.

  2. Inspirant comme thème ☺

    1. Très!

  3. Il ne te reste plus qu’à lire Romain Gary.

    1. Ya plus qu’à!

  4. On lit beaucoup de bien sur ce roman… comme toi, je connais peu je ne connais pas du tout les romans de Roman Gary, et je craignais que ça m’empêche d’apprécier. Je tenterai peut-être quand même, au vu de ton avis !

    1. Non, sérieux, ça passe super bien même quand on ne connaît pas.

  5. Oh surprise, j’ai tenté de barrer « connais peu » et j’ai barré toute la phrase ! 😀 ça m’apprendra à vouloir faire des fantaisies !

    1. 🙂

  6. J’attends avec impatience de le trouver en bibliothèque ou en poche !!! Je n’ai lu que La promesse de l’aube, que j’ai adoré (et aussi Lady L, mais c’était il y a si longtemps que je devrais le relire, tiens !)

    1. Je les ai réservés à la biblio… je t’en redonnerai des nouvelles… en décembre.

  7. Ça y est, je sors le fouet!

    1. :)))

  8. Tu te prives d’un grand plaisir en ne lisant pas « la promesse de l’aube » ou « la vie devant soi » !! J’hésite devant celui-ci, justement parce que j’ai lu l’auteur et que je n’ai pas envie de toucher à l’image que j’en ai. (même si je sais que c’était un grand menteur).

    1. Voilà! 🙂 C’est un peu ça. Et bon, maintenant, ça ne me dérange plus d’être un mouton… et je les ai pris à la biblio!

  9. J’ai très envie de lire ce livre et je me demandais justement s’il fallait connaître Gary. Peut-être que ça me donnera justement envie de m’y mettre !

    1. JE ne connais pas du tout… et ça m’a plu quand même!

  10. Très très intriguée par ce roman !

    1. J’ai trouvé ça très particulier.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Aller à la barre d’outils