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Déc 12 2015

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Le requiem de Terezin – Josef Bor

Requiem de TerezinC’est avec ce billet que j’inaugure ma participation au challenge « Lire le monde » d’Ys.   Découvrir de nouveaux auteurs et de nouveaux coins du monde, forcément, c’est tentant, n’est-ce pas!

 

J’avais ce roman depuis des années.  Genre, en 2008, quand Laure me l’avait offert,  dans les premières années du blog.  J’ai eu une période « lisons sur l’holocauste » et le mot « requiem » m’avait attirée.   Et « petite anecdote » de lecture… on m’a demandé DEUX fois quel compositeur était ce Terezin dans les deux jours qu’aura duré ma lecture.  J’avoue que la première fois, je suis restée bête!

 

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce récit est celui de Rafaël Schächter, chef d’orchestre à Terezin, qui se met en tête de monter le Requiem de Verdi dans ce ghetto, alors que tous savent très bien qu’il n’est qu’une antichambre de la mort.   Schachter a une idée fixe et concentre toutes ses énergies sur son requiem, qui souhaite revisiter, par lequel il tente de chanter ce que son peuple ne peut pas dire autrement.   Josef Bor, qui a lui-même connu les camps, ne nous montre pas le quotidien, la souffrance et l’horreur.  Du moins, pas directement.  On sent leur présence, loin, derrière.  Les chanteurs et musiciens disparaissent, mais le tout nous est présentée de façon assez froide et détachée, comme si les personnages vivaient dans une brume, celle de leur projet qui leur donne un (faux) espoir d’être sauvé.

 

J’avoue que pour moi, l’émotion est venue après la lecture.  La dernière partie, celle où le Requiem est finalement joué, dans des conditions assez terribles, est la seule qui m’ait réellement émue sur le coup et j’y ai ressenti avec force le désespoir et l’interprétation qui est faite de ces chants catholiques par un peuple qui a vécu l’horreur, qui s’en va à la mort et qui le sait.  Requiem pour eux-mêmes.  Et en lisant cette finale, la « petite » cruauté, celle qui était quotidienne, nous saute en pleine face.

 

Un texte davantage centré sur la musique, sur la création de l’oeuvre, ainsi que sur le personnage de Shachter qui n’est pas toujours sympathique (en fait, il ne l’est pas vraiment et ce doit être l’être qui m’a le moins émue dans l’histoire) et dont les réflexions dérangent assez fortement parfois.  Je crois que vous serez davantage ému si vous connaissez un peu le Requiem car le début et le traitement peuvent laisser le lecteur à distance.

 

Je me demande bien ce que Ys a bien pu en penser!

C’était donc ma lecture pour la République Tchèque pour Lire le monde!

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(17 commentaires)

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  1. Sandrine

    La parution de mon billet est prévue pour 7 heures du matin, c’est-à-dire dans quelques minutes : tu as de l’avance sur moi !
    Et je suis d’accord avec toi : ce texte est assez différent des autres témoignages sur les camps et ce personnage du chef d’orchestre peut être assez déconcertant dans sa volonté de faire passer la musique avant tout, alors que tant de gens souffrent et meurent. C’est aussi ce qui fait tout son intérêt, je trouve.

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      Karine:)

      Tu en parles vraiment mieux que moi, je trouve. Je suis restée trop dans le ressenti et je ne suis pas certaine que ça fasse honneur au roman. J’ai ressenti les émotions « par après ». Après le requiem de la fin qui m’a fait vivre de grosses émotions.

      1. Sandrine

        Quand il écrit, il y a déjà eu des témoignages et des photos qui ont ébranlé le monde et beaucoup ému. Je ne suis sûre de rien car je ne connais pas cet auteur, je n’ai rien lu sur lui, mais je crois qu’il ne cherchait pas à émouvoir directement par des descriptions. C’est comme la musique : elle n’émeut pas de prime abord, elle s’insinue et fait son chemin. D’où le personnage de Schächter qui n’est vraiment pas sympathique mais qui a pu créer.
        J’ai apprécié ce texte parce qu’il est différent de ce qu’on lit d’habitude en matière de témoignage sur les camps.

        1. Photo du profil de Karine:)
          Karine:)

          Oui, tout à fait… très juste comme commentaire.

        2. Photo du profil de Karine:)
          Karine:)

          Oui, pour être différent, ce l’est. Et je crois comme toi que c’est ce qui en fait l’intérêt. La finale est poignante, par contre. Et j’ai ressenti à posteriori!

  2. yueyin

    En général j’evite les livres sur la guerre pour cause de trop de lectures sur le sujet mais Ys et toi pourriez me faire changer d’avis 🙂

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      Il est vraiment différent. C’est une expérience.

  3. Anne

    Je note, Terezin est une source d’inspiration particulière pour les auteurs, j’ai lu deux romans sur ce camp récemment et en plus il est question de détenus musiciens !

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      Karine:)

      Tu as lu lesquels? C’est le premier que je lis sur le sujet. Ce roman est paru en 1963, je pense… du coup, la vision était forcément différente.

      1. Anne

        Une forêt d’arbres creux, d’Antoine Choplin et Lever de rideau sur Terezin, de Christophe Lambert, tous deux parus récemment. Le second est un roman jeunesse mais je crois qu’il peut plaire aussi aux adultes.

        1. Photo du profil de Karine:)
          Karine:)

          Ah, merci! Bien noté!

  4. Le Papou

    Je corrobore L’Héritière. De 1960 à 1970 j’ai du lire tous ce qui s’éditait sur la guerre…mais pas celui-là. Depuis j’évite car l’Homme n’a rien compris et continue à détruire.
    Le Papou

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      Karine:)

      Oui, j’avoue que c’est fort déprimant…

  5. Lydie et ses livres

    J’aime beaucoup le principe de ce roman, parler des camps de la mort en ce concentrant sur ce qui apparait comme la vie et mettre la mort hors champ. Je comprends ben dans ton avis qu’elle est palpable, omniprésente même mais ce n’est pas le sujet. Je note ce roman pour une lecture prochaine.

    1. Photo du profil de Karine:)
      Karine:)

      Elle n’est pas hors-champs en ce sens que les musiciens disparaissent, mais il ne le voit que dans cette perspective. Une façon d’occulter l’horreur, peut-être…

  6. maggie

    C’est une période qui m’intéresse toujours autant… Et je trovue que ce personnage monomaniaque me fait penser au fis de Saul… Je n’aime pas les romans sur la musique ( j’ai abandonné novenciento de Barricco récemment) mais je suis vraiment tenté par ce roman… Je sens qu’il y a une philosophie qui me plait…

    1. Photo du profil de Karine:)
      Karine:)

      La musique est au centre, certes. Mais il y a quand même autre chose, j’avoue. Moi, par contre, j’adore les romans sur la musique. Ça aide!

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