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Déc 23 2012

Photo du profil de Karine:)

La fille du capitaine – Alexandre Pouchkine

Fille-du-capitaine.jpgPrésentation de l’éditeur

« À peine avait-elle prononcé ce nom, qu’entra dans la chambre une jeune fille de dix-huit ans, au visage rond et vermeil, les cheveux blond clair lissé en bandeau et retenus derrière ses oreilles que rougissaient la pudeur et l’embarras. »

 

Commentaire

Eh oui, un truc russe!  Ça faisait un moment, n’est-ce pas. Ce roman traînait dans ma pile depuis un bon petit moment et je suis plus que ravie de l’en avoir sorti.  En plus, c’est court.  Je dis ça pour tenter certaines personnes à qui les « russeries » font peur.

 

Il est un peu particulier, ce roman.  Un mélange de styles.  Ma façon de voir les choses, c’est que c’est d’abord et avant tout un roman historique, avec des touches d’humour, le tout un peu « camouflé » par une romance.  Même si apparemment, c’est cette dernière qui est en avant-scène. 

 

Le roman s’ouvre donc sur Piotr Griniov, jeune homme paresseux, qui ne pense qu’à s’amuser et qui n’a visiblement pas le cerveau bien développé.  Quand on le menace de service militaire, le voilà ravi.  Il s’imagine déjà faisant la fête à St-Petersbourg mais – ô malheur – son père le connaît un peu et l’envoie plutôt à l’autre bout du pays, en Oural.  Le voilà donc qui débarque, gradé malgré sa totale inexpérience du monde militaire (ben oui… ça aidait d’être bien né) dans un camp un peu déglingué, possédant un seul et unique canon rouillé.   Et dans ce fort, il y a le capitaine (qui s’amuse à faire parader et entraîner ses hommes malgré le manque  évident de sérieux du truc), sa femme (le vrai « boss » du camp), Chvabrine, rival de Griniov, homme manipulateur et vil et surtout, la fille du capitaine, Masha.  Masha a toujours grandi dans un camp mais elle a peur du moindre coup de canon.  Masha n’est pas particulièrement jolie… mais elle est la seule jeune fille à la ronde.  Du coup, Chvabrine et Griniov se retrouvent en compétition. 

 

Mais bon, ce n’est pas le plus intéressant de l’histoire.  Selon moi, le plus intéressant, c’est le contexte, une Russie pleine de clans distincts, de religions différentes, unis sous l’emprise de la Tsarine Catherine II. Et parmi les « pas contents du tout », il y a Pougatchev, révolté cosaque qui décide qu’il est  l’empereur Pierre III et qui met les camps de l’est à feu et à sang.  Et ça, c’est un fait réel.  Et sous la plume de Pouchkine, cet homme devient un personnage mystérieux, ambigü et – ô scandale… un ennemi de la tsarine pas juste mauvais – pas totalement antipathique.  Souvent cruel, (ok, presque toujours cruel), doté d’une ambition démesurée, il sait par contre se souvenir de certains actes et semble à l’occasion posséder une certaine grandeur d’âme.  Ici, il n’y a aucun preaching, aucune grande considération.  Juste beaucoup de simplicité.  Malgré tout, on devine les enjeux de société de l’époque et le ridicule de certaines situations. 

 

Quant à l’histoire d’amour, nous avons un héros qui devient courageux, noble, brave et une héroïne tout aussi sincère et bonne.  Nous avons des actions désespérées et romantiques, des revirements de situation, des trahisons, des méchants, un siège.  Le tout en 200 quelques pages.  Oui, ça finit par une piroutte mais on s’en moque.  Du moins, je m’en suis moquée un peu.  J’aurais aimé voir plus de Russie, plus de paysages enneigés, plus de grandeur et de traditions.  Mais si un jour j’apprends le russe, ce sera pour lire Pouchkine dans le texte.  Je le jure!

(26 commentaires)

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  1. keisha

    Je l’ai lu il y a peu (après un voyage en Russie cet été) et franchement ce court roman est plutôt riche.

    J’aime ton billet qui donne envie à ceux qui hésiteraient encore.

    le mien avec des photos

    http://enlisantenvoyageant.blogspot.fr/2012/09/la-fille-du-capitaine.html

    1. Karine :)

      Keisha: Aaaaaahhhh la Russie!  Un jour, je vais y aller!  Un jour!

  2. Entre Les Pages

    Tu me donnes envie de lire ce roman!!

    1. Karine :)

      Entre Les Pages: J’espère!  Il m’a beaucoup plu!

  3. Céline

    Ton billet donne effectivement très envie ! Je l’ai dans ma PAL et je comptais aussi le lire pour cet hiver russe

    1. Karine :)

      Céline: Tres bonne idée!

  4. A_girl_from_earth

    Ça me plaît bien ta présentation, ça donne envie de le lire. Je n’ai pas encore lu Pouchkine, je pense que celui-ci conviendra très bien !

    1. Karine :)

      A girl from earth: Il paraît que lire Pouchkine en Russe, c’est magique… dommage que je ne lise pas la langue!

  5. Mango

    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman et le relirais d’ailleurs bien volontiers! 

    1. Karine :)

      Mango: Je pense aussi que je le relirai un jour!

  6. Alex-Mot-à-Mots

    Un des rare auteur russe avec lequel j’ai du mal.

    1. Karine :)

      Alex: Ah oui, pourquoi?  Tu as lu quoi de lui?

  7. J'ai oubliéLe Papou

    Je n’ai pas compris par quoi ce roman finissait, selon toi !

    Rien qu’en lisant le résumé de l’éditeur on sait que ça ne peut pas se passer maintenant, là, en cette année de la fin du monde Maya. Ça n’existe plus des jeunes filles comme ça.

    Bon dimanche quoique tu fasses.

    Le Papou

    1. Karine :)

      Le Papou: En effet, c’est plutôt rare! :)))

  8. Catherine

    Ah oui, du russe, super ! Je vais en lire aussi pour le challenge Un hiver en Russie qui dure du 21 décembre 2012 au 21 mars 2013.

    Bon hiver russe ! Bon Noël !

    1. Karine :)

      Catherine: Ah voilà, c’est à ce challenge auquel je voulais participer avec ce billet!  Bien entendu, j’avais oublié le lien!

  9. kroustik

    Si je ne me trompe pas Pouchkine ne pouvait pas écrire tout ce qu’il voulait. D’où le camouflage en romance politiquement correcte. J’aime bcp ce roman. Ravie qu’il t’ait plu !

    1. Karine :)

      Kroustik: Oui, je pense que ça a vraiment rapport avec ça.  Disons qu’ils devaient être inventifs, les russes!

  10. Amélie

    J’ai encore jamais lu Pouchkine…! Celui-là me tente beaucoup. Surtout que je suis en train de me traîner à travers Dostoïevski en ce moment (‘Les frères Karamazov’ — intéressant mais interminaaaable) & que je pense que ça me ferait du bien, de la littérature russe un peu plus concise! ;p

    1. Karine :)

      Amélie: Dosto, c’est très différent de Pouchkine.  J’ai aimé ce que j’ai lu… mais oui, c’est loooooong!

  11. Violette

    dans la listes d’envies pressantes! De toute façon, 2013 sera russe pour moi 🙂 De très belles fêtes de Noël à toi !!!

    1. Karine :)

      Violette: Merci (bien en retard) !  Je lis toujours un peu de russe… un peu!

  12. Selena

    Je fais partie des personnes dont les « russeries » font peur^^ Mais ton billet donne envie!

    1. Karine :)

      Selena: C’est une russerie super accessible, celle-là!

  13. yueyin

    Aaaaah j’aime Pouchkine, et j’ai aimé la fille du capitaine (j’ai encore oublié de faire le bilelt mais bon) et pour les cosaques (puisqu’il s’agit de cosaque) je te ocnseille ceux de Tolstoi pour compléter, c’est grandiose, ça va te plaire 🙂

    1. Karine :)

      Yue: Je viens de finir (et d’aimer le Tolstoï).  J’ai eu un petit passage à vide mais la fin a tout rattrapé!  J’aime beaucoup ce pays.  Un jour, j’irai. 

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