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Oct 02 2012

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Music Hall! – Gaétan Soucy

Music-Hall-.jpgPrésentation de l’éditeur

Nous sommes à New York, à la fin des années vingt, en compagnie d’une drôle d’engeance, une équipe de démolition.  il y a d’abord les funérailles sd’une petite fille, tuée par l’effondrement d’un esclaier.  Le cortège de deuil ondule lentement parmi les trous et les terrains vagues; des échauffourées éclatent entre ces deux clans maudits que sont les démolisseurs et, en face d’eux, les démolis, les expulsés.  Il y a Xavier X. Mortanse qui, quand on le lui demande, affirme être un immigré hongrois de fraîche date.  C’est ce qu’il croit.  Il se souvient de s’être réveillé un jour sur un quai d’Amérique, des carrés de chocolat au fond d’une poche, son prénom tatoué sur le poignet.

 

Innocent, absolu, horrifié par la vie, Xavier rentre chaque soir soûlé de poussière et d’humiliations dans sa chambrette au huitième étage, à côté de celle de Mademoiselle Peggy Sue O’Hara qui le regarde si doucement.  Il y a aussi, sous la terre, un coffret fermé à clé.  Dans le coffret, une grsnouille sortie d’un dessin animé des années 50. »

 

Commentaire

Oui, le mois québécois est terminé depuis avant hier, je sais.  Mais bon, il me reste un roman à vous parler alors pourquoi attendre.  J’avoue que je sens que je vais avoir du mal à en parler, toutefois.  En effet, je ne suis pas certaine d’avoir saisi la totalité des images, des métaphores, des messages.  Mais même ainsi, c’est un roman qui, je le sens, s’oubliera difficilement.

 

C’est donc à New York, à la fin des années 20, que nous rencontrons Xavier.  Xavier, c’est l’innoncence incarnée.  Pour lui, tout est noir ou blanc.  Et à la base, pour lui, tout le monde est gentil.  Il ne connaît pas le monde, endure tout, se fait joyeusement avoir.  Mais bon, c’est normal, non?  C’est le métier qui rentre.  Xavier est un être profondément seul.  Profondément perdu, il n’a pas vraiment de souvenirs de la Hongrie.  Un vague souvenir de Justine, sa soeur, à qui il écrit sans relâche.

 

Mais voilà.  Xavier n’est pas un enfant.  Il est un homme.  Un homme perdu, certes.  Qui tente de faire sa place dans la démolition, ordre limite mystique, avec son jargon et, surtout, sa toute-puissance (tiens… ça me rappelle quelque chose, ça…  les ordres (ou syndicats) limite mafieux… plus ça change, plus c’est pareil!).  Disons que ça ne va pas comme il veut.  Et qu’en plus, il a – ô trahison – de la sympathie pour les démolis.  Ben oui, les narguer, c’est bien mieux, hein.  J’ai beaucoup aimé ce choix de métier, très symbolique, selon moi, de la société américaine de l’époque.  Démolissons le passé, faisons du neuf.  (Je sais, je généralise… mais bon, quand même).  Fichons-nous de ceux qu’on met à la rue, ce n’est pas notre problème.  La société décrite est hétéroclite, comme juxtaposée.  Pas vraiment un ensemble.  Et Xavier, par son esprit bon enfant, par sa façon totalement « out of it » d’aborder le monde, détonne clairement dans ce portrait.

 

C’est un roman sombre, très sombre.  Rempli de misère humaine, de profiteurs, mais aussi de gens de bonne volonté. Il y a bien Strapitchacoudou (ne posez pas de questions… même après questionnement intense, je n’ai pas réussi à savoir d’où pouvait bien venir ce nom), la grenouille savante au caractère possessif et capricieux qui apporte un peu de folie à tout ça.  Et aussi l’autruche avaleuse de cadrans.  Mais autrement, c’est ma foi très négatif et il n’y a que peu d’espoir.  Je ne révélerai pas le passé de Xavier (ni donc les autres thèmes du roman).  Mais ce n’est qu’en le comprenant qu’on saisit l’importance de divers éléments du roman, que j’avais trouvé parfois longs et sans lien réel avec l’intrigue. 

 

Ce n’est pas un roman qui se lit tout seul.  Il demande du temps, de la concentration.  Mais j’aime toujours la prose de Gaétan Soucy.  Et je lirai sans doute autre chose de l’auteur, même si je ne comprends pas toujours tout et que je crois qu’une relecture sera d’actualité un jour.  Et si quelqu’un peut m’expliquer la symbolique de la grenouille (si symbolique il y a)… je suis preneuse!

 

Plume-quebecoise.jpg

(18 commentaires)

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  1. Le Papou

    Le monde de l’auteur est rempli de symbolismes parfois incompréhensibles et du refus d’une société qui se veut bien pensante et qui est loin de l’être. J’ai été très troublé par  »La petite fille qui aimait trop les allumettes » et je ne sais pas si j’ai envie d’être encore bouleversé, en tout cas pas en ce moment.

    Bientôt le retour vers les arpents de neige et donc pas d’ordi avant lundi prochain.

     

    Le Papou

    1. Karine :)

      Le Papou: C’est en effet très troublant, très étrange.  Disons qu’on n’en sort pas indemne.

  2. Alex-Mot-à-Mots

    La symbolique de la grenouille ? A part le fait qu’elle se transforme en prince, je ne vois pas…

    1. Karine :)

      Alex: Dans ce cas, on est loin d’un prince charmant!  Mais c’est la seule idée que j’avais eue aussi!

  3. Pitiponks

    Juste pour te dire que je viens de te taguer sur mon blog. J’espère que tu joueras le jeu (même si c’est un peu fastifieux^^).

    1. Karine :)

      Pitiponks: Je vais aller voir!  Merci d’avoir pensé à moi!

  4. Mivava

    Oh rien que la couverture m’attire énormément ! Je me note celui ci 🙂

    1. Karine :)

      Mivava: Il est vraiment bizarre, ce roman!  J’espère que ça te plaira.

  5. gambadou

    pas tout compris !

    1. Karine :)

      Gambadou: Moi non plus, en fait :)))

  6. Grominou

    Très intrigant, ton billet! J’avais adoré La Petite Fille qui aimait trop les allumettes.

    1. Karine :)

      Grominou: Moi aussi j’avais beaucoup aimé.  J’ai été ravie de retrouver l’auteur même si je pense que j’en ai manqué des bouts…

  7. Ys

    Un des plus vieux livres de ma PAL : après La petite fille qui aimait trop les allumettes, j’ai tout acheté (mais pas tout lu…). Pour la grenouille, souvent elle symbolise le désir sexuel (ex : celui qu’une jeune fille imagine dégoutant, repoussant mais dont elle a envie). Je ne sais pas si ça fonctionne ici…

    1. Karine :)

      Ys: Hmmmm… je ne sais pas si ça fonctionne vraiment.  Le rêve d’un monde meilleur, peut-être…  il va falloir que tu lises le livre pour me dire!

  8. Manu

    Je suis toujours attirée par ce genre tout en ayant peur des symboliques qui m’échappent.

    1. Karine :)

      Manu: Moi aussi, j’aime être déstabilisée.  Du coup, je lis ces livres et ensuite, je pose des questions à tout le monde!

  9. yueyin

    Je n’ai aps encore lu cet auteur, j’ai la petite fille qui aimait trop les allumettes dans ma pal mais je crois qu’il me fait un peu peur 🙂

    1. Karine :)

      Yueyin: Yep, il faudrait tenter le coup.  Je comprends que ça fasse peur mais je pense que ça vaut le coup d’essayer.

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