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Juin 22 2010

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L’île aux trésors – Robert Louis Stevenson (adapté par Thomas Leclere/illustré par Vincent Dutrait)

ile-aux-tresor.gifPrésentation de l’éditeur

« Un vieux marin à l’air louche a pris une chambre à l’Amiral Benbow. Pour Jim Hawkins, le fils des aubergistes, la grande aventure commence. Le voici parti sur la piste d’un trésor caché sur une île lointaine, à la rencontre de Long John Silver, pirate fabuleux autant que terrifiant. »


Commentaire

Quand les éditions Tourbillon m’ont proposé ce livre, j’ai immédiatement accepté, aimant Stevenson d’amour.  Comme un peu tout le monde, je connais l’histoire de l’île aux trésors mais je ne l’avais encore jamais lue.  Ce que je ne savais pas, c’est que c’était une version abrégée…  En fait, j’aurais dû le savoir car c’était écrit sur le communiqué de presse mais bon, j’ai été trop alléchée par le titre et l’idée d’illustrations (j’aimais beaucoup la couverture) alors j’ai lu un peu vite!


N’empêche que malgré le côté abrégé et adapté, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre!  J’adore les récits d’aventure de Stevenson, j’adore sa façon, d’amener les choses, ses personnages terrifiants et tout de même multidimensionnels.  Dans cette version, c’est plus rapide, certes mais les événements majeurs sont présents.  Il manque des détails et plusieurs passages (je suis allée vérifier par la suite) mais pour les jeunes enfants, ce sera peut-être moins terrifiant et c’est une bien agréable façon de se familiariser avec le texte.  Entre autres, le côté « Jim Hawkins » écrit dans son journal est passé sous silence et plusieurs descriptions sont absentes. 


Par contre, la galerie des personnages demeure fascinante.  Long John Silver fait toujours aussi peur (« aussi » faisant référence au dessin animé et pas au texte d’origine que je n’ai pas tout lu, bien entendu) et il est difficile de le situer, avec son charisme, son côté mythique, mais ses tendances à la piraterie et sa facilité à tuer pour ce qu’il désire.  Le pirate Bill est inquiétant et Chien noir et Pew l’aveugle sont terrifiants.  Pas autant que dans le livre original, d’après ce que j’ai pu en voir, mais le caractère est conservé.    Quant au jeune Hawkins, c’est un jeune garçon courageux, sympathique et droit, et il est impossible de ne pas lui souhaiter du succès.  Et j’ai plutôt tendance à apprécier le capitaine Smollett, malgré son côté négatif du début. Même Trelawney, avec son côté fantasque me plaît bien.


Bref, une histoire pleine de rebondissement, agrémentée de dix images aux accents mystérieux et aux traits réalistes.  Je n’ai maintenant qu’une envie: lire le texte original en anglais pour sentir le souffle de Stevenson car même abrégée, cette histoire m’a tenue en haleine et je ne l’ai refermé qu’une fois la dernière page tournée!  J’ai été totalement embarquée dans l’aventure!


Merci aux éditions Tourbillon pour cet envoi. J’ai d’ailleurs pu réalise que plusieurs classique avaient été adaptés dans cette collection qui fait ma foi de fort beaux objets-livres!

(32 commentaires)

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  1. Dryade de brume

    Le texte original et intégral est visible et téléchargeable sur Google livres (rubrique classiques) avec quelques autres merveilles que je te laisse découvrir (si je te dis Dickens ? Et Austen ? Et Lucy Maud Montgomery — quoi, monomaniaque ?…)

    1. Karine :)

      Dryade de brume: Je sais, je l’ai presque tout lu sur le net!  Mais je me connais, je vais vouloir une version papier!  Moi aussi j’ai des tendances obsessives quand il est question de livres!

  2. Richard

    Merci pour cette suggestion de lecture.

    J’adore ton blogue !!!

    Au plaisir de te lire.

    Amicalement

    1. Karine :)

      Robert: En fait, après avoir lu la version intégrale, je suggèrerais davantage cette dernière!  Mais les illustrations sont bien et l’adaptation n’a pas massacré l’histoire!

  3. Kikine

    Dommage que ce soit une version abrégée mais l’essentiel reste que tu aies apprécié ta lecture ! Moi aussi j’aime d’amour Stevenson et la couverture du livre !

    1. Karine :)

      Kikine: Oui, dommage… bizarrement, je trouve que les versions abrégées conviennent mieux aux lecteurs avertis qu’aux jeunes lecteurs… je trouve ça plate qu’on choisisse pour eux les passages « bien »…  mais pour moi, ça a fonctionné tout de même… et depuis j’ai lu la vraie version sur le net!

  4. Yvon Verrier

    Ca m’étonne toujours, ces versions abrégées, allégées, qu’on propose, soit disant, aux enfants. Est-ce qu’on pense à des enfants de quatre ou cinq ans? Stevenson a écrit ce livre pour, et je dirais même, en collaboration avec son beau fils LLoyd Osbourne, qui avait alors onze ans.

     

    Pourquoi croit-on que les enfants sont désormais incapables de lire et d’apprécier ce que leurs grands parents ont adoré? Nous lisions Homere et Virgile, Hugo, Dumas et Vernes. Personne ne nous disait alors, que c’était trop vieux pour un enfant. Je vais certainement en choquer quelques uns. Mais il me semble qu’on prend désormais les enfants pour des idiots. On veut tout leur simplifier, ramener les choses à leur portée. Mais est-ce que le reste du monde est véritablement à leur portée? Est-ce que ces simplifications ne visent pas d’abord la pauvre idée que ce font les parents de leurs enfants? Savent-ils les horreurs qu’on leur montre à la télévision? J’ai assisté à l’apparition de ces choses désolantes qu’on appelle des jeux éducatifs, et ces maisons d’édition qui prétendent préparer les enfants à la lecture. On déclare ensuite que les enfants sont de grands lecteurs. Je connais de ces enfants qui ont désormais plus de quarante ans, et qui lisent encore des bandes dessinées. Quand seront-ils prets à lire Stevenson en version originale?

    1. Karine :)

      Yvon Verrier: Non, vous ne me choquez pas du tout.  Je comprends votre opinion même si la mienne est un peu plus nuancée.  Comme je répondais plus haut en commentaire, je trouve dommage qu’une autre personne se permette de choisir pour un jeune lecteur les passages qui sont « bien ».  Toutefois, si une bonne partie des jeunes pourraient lire dans le texte, pour travailler avec des enfants en difficulté (de langage oral et écrit), certains auraient, en raison de leurs troubles, beaucoup de difficulté à accéder à la syntaxe et au texte original.  Ce serait dommage qu’ils n’aient pas aussi accès à ces grandes histoires et qui sait, peut-être les fera-t-elle vibrer assez pour leur donner le goût de lire. 


      Quant aux jeux éducatifs, il y a du bon et du moins bon.  Ce sont de bons « outils », quand le parent comprend bien que le jeu n’éduquera pas l’enfant tout seul, si lui ne joue pas avec lui et ne fait pas son travail…  Pour tout livre ou jeu, c’est au départ à l’adulte de voir le niveau de son enfant et de lui proposer un livre qui lui convienne…  Je sais que je me fais l’avocat du diable ici! 

  5. Dryade de brume

    Chère Karine, j’ai trouvé une autre mine ici : http://blog.planetebook.com/

    ainsi que ceci : http://www.gutenberg.org/

    Parfait pour qui, comme dans mon coin de bois, sans mauvais jeu de mot, a du mal à se procurer des textes en anglais, ou pour les impatients.

    À M.Verrier, dont j’ai eu l’occasion de dire du bien, puis-je préciser que la manie de l’abrégé m’a toujours été une source intense de frustration, mais que j’étais et reste pour le meilleur et le pire une dévoreuse de livres : mieux vaut peut-être un peu que pas du tout, et je pense que nombre d’enfants se laisseraient intimider par des centaines de pages, qui découvriront le plaisir de l’histoire et en demanderont plus. Victor Hugo, Dumas, Shakespeare, Homère, Verne, et mes autres vieux compagnons : trop adultes pour la petite fille que j’étais, certes pas à mon goût, mais j’ai été toisée de drôles d’airs, par gens de tous ordres. Il est vrai que ça en dit plus long sur eux que sur moi…

    Quant à la bande dessinée, approchant moi-même cet âge canonique, je regrette que vous en ayez une vision uniquement infantile : consultez là-dessus notre délicieuse hôtesse !

    1. Karine :)

      Dryade de brume: J’ai aussi lu plusieurs livres de grands auteurs très jeunes et j’ai apprécié.  Dumas à 11 ans, Hugo à 13, Shakespeare dans les mêmes dates…  Et oui, j’avais l’air bizarre, mes profs ne croyaient pas que je comprenais ce que je lisais tant que ça!!   Et pour mon coin de bois, vive la commande pour les livres en anglais!  Je vis quand même au pays du « yes, no, toaster »!!

  6. Yvon Verrier

    Pour récompenser une bonne composition, mon professeur de littérature m’avait prèté un gros livre: Les misérables. J’avais onze ans. Mais je n’avais pas le choix. Il me fallait bien lui montrer que j’étais à la hauteur de ses attentes. J’en ai donc lu plusieurs pages, et propablement, les deux premiers livres. Je pense que j’étais un peu jeune. Mais comment aurait-on pu simplifier le texte de Hugo? Il y explique des choses que plusieurs adultes ne semblent pas comprendre. Quand même, des années plus tard, j’ai relu le livre, et j’ai réalisé que j’avais assez bien compris les quelques pages que j’en avais lues. Mais le plus drôle, j’ai revu ce professeur, à une réunion d’anciens. Et quand je lui ai rappelé son précieux cadeau, il m’a dit en riant: je vous en prie, ne faites pas cette erreur avec vos élèves.

     

    Enfin, j’ai eu la chance de suivre et de guider quelques très jeunes enfants, onze ou douze ans, et, en discutant innocemment avec eux, j’ai réalisé qu’ils savent et comprennent bien des choses. Mais pour ne pas nous faire de peine, ils nous laissent croire que nous sommes les seuls à comprende…

    1. Karine :)

      Yvon Verrier: Vous savez, j’ai toujours été dévoreuse de livres et je suis d’accord sur le fait que les enfants de 11-12 ans comprennent généralement beaucoup plus de choses qu’on ne le pense.  Pour ceux qui aiment lire, oui, lire dans le texte jeune, je suis tout à fait d’accord.  En fait, je suis d’accord pour tous ceux qui veulent essayer.  On s’entend que c’est toujours mieux et que si les enfants veulent passer des bouts, ils vont choisir eux-mêmes lesquels (je me rappelle avoir sauté plusieurs pages de guerre des misérables, vers 12 ans, et d’avoir relu plus tard et d’avoir apprécié ces mêmes pages).  Mais il existe certains jeunes qui n’aiment pas lire, pas qu’ils n’en sont pas capables, mais ils n’aime pas.  Pour une lectrice comme moi, ça a été difficile à comprendre longtemps mais ça se peut.  Et je trouve que pour eux, qui ne liraient pas de toute façon les textes originaux, ça peut aller. 


      Quant aux jeunes avec qui je travaille, ce n’est pas une question de compréhension des concepts, mais une question de compréhension langagière ou de lecture, tout simplement… donc, ils ont accès aux concepts, aux discussions, et à ces merveilleuses histoires… en contournant un peu leur difficulté précise. 


      Ceci dit, il est évident qu’on perd toujours avec l’abrégé et le résumé et qu’avoir le choix, je préfère 100 fois sans!  Mais dans certaines situations, je peux comprendre…

  7. Edelwe

    Un très beau livre en effet!

    1. Karine :)

      Edelwe: C’est Stevenson après tout!!

  8. Yvon Verrier

    Peut-être aimons-nous la lecture, parce que nous avons eu la chance de découvrir ce plaisir, quand nous étions encore très jeunes. Ou peut-être avons-nous découvert ce plaisir, parce que nous avions déjà la capacité de l’apprécier. C’est difficile à décider. Mais je pense qu’un professeur qui aime la lecture, pourra plus facilement la faire aimer à ses élèves. J’ai eu la chance de connaitre ce genre de professeurs. Et j’espère sincèrement avoir été ce genre de professeur, pour mes élèves.

    1. Karine :)

      Yvon Verrier: Oui, vous avez raison, c’est difficile de dire ce qui est dû à quoi.  Je pense aussi que chacun a ses propres goûts et que la lecture (ou la télé, ou le hockey), ça ne plaît pas à tout le monde.  Par contre, je suis tout à fait d’accord sur le fait que des professeurs enthousiastes, qui aiment ce dont ils parlent, ça aide beaucoup.  Ça donne envie de s’enthousiasmer aussi!!

  9. Dryade

    Hier, je n’étais pas trop à ce que je faisais, je crois, en plus OB jouait de drôles de tours, ta première réponse invisible quand j’ai déposé mon deuxième message… bref ! Je te comprends, rien ne remplace le livre-objet, le livre-ami, avec son toucher, son bruissement, son odeur, sa masse; qu’on emporte dehors par beau temps, au creux de son lit, là où on s’ennuie(rait)… Je me prends d’ailleurs à rêver d’une imprimante laser, d’autant que je m’intéresse à la reliure. Mais j’aime aussi l’idée de transporter ma bibliothèque entière sur un DVD, en conséquence de quoi je la numérise—à la main pour ne pas casser les dos dans le scanner, si tu peux imaginer… Alors les eBooks, que je découvre, vont alléger mon travail de titan et augmenter mon fond !

    D’ailleurs, pour les commandes, c’est vraiment un tout petit bois que le mien : on voulut m’offrir le dernier Harry Potter à sa sortie anglaise : je l’ai reçu la même semaine que la traduction ! Et c’était Harry Potter !

    Quant aux profs, j’ai eu dans l’ensemble beaucoup de chance, grâce leur soit rendue parce que sinon…

    Et enfin, à moi aussi le goût des livres était aussi naturel que celui du pain, mais après tout, pourquoi en serait-il autrement que celui du sport, des fringues ou tout autre ? C’est seulement un plaisir valorisé, socialement, et ça n’a pas toujours été le cas : « Voyez ce paresseux qui lit au lieu de travailler. » Remplacer par « regarde la télé », version années 70-80, et « fait de l’internet », version 2000. Ô tempora ô mores !

    1. Karine :)

      Dryade: Ah oui, quand même… c’est encore un plus petit bois que le mien!!!  Moi pour les VO, ça se fait super super bien!!  Je ne pense pas y arriver un jour avec les ebooks mais sait-on jamais… je suis trop maniaque pour l’instant!!!  Et tu as tout à fait raison pour ce qu’on dit des gens qui lisent… je les ai toutes entendues… et là, c’est « tu lis trop au lieu de vivre ta vie… »  Ben oui, c’est ça!!!

  10. Yvon Verrier

    Il me semble qu’on a pris l’habitude d’associer la culture et l’instruction aux livres, alors qu’il est désormais possible de s’instruire ailleurs, avec les ordinateurs, et Internet. Avant, on reprochait aux gens de ne pas lire. Mais on ne peut plus leur reprocher de ne pas utiliser l’ordinateur. Reste à voir ce qu’ils vont y chercher. On peut trouver bien des choses, sur Internet. Quant à ce qu’on y cherche vraiment, il suffit de vérifier les statistiques sur les engins de recherche. Le premier intérêt de ceux qui naviguent sur Internet, n’est pas forcément ce qu’on trouvait jadis dans les livres.

     

    Quant au livres, je préfère les livres imprimés aux textes numériques. J’aime emporter mes livres avec moi, et les tenir entre mes mains. Je suppose que d’ici quelques années, on remplacera les livres de papier par des tablettes numériques, et malgré l’impression que ca nous laissera, au début, on finira par s’y habituer. Nos ancêtres ont d’abord lu sur des tablettes de cire, et des rouleaux des papyrus et de parchemins, avant de lire des codex, et des livres. J’imagine qu’à chaque fois, il s’est trouvé de gens pour regretter les objets du passé, ou l’ancienne façon de faire. Mais on fini par s’y habituer. Moi je refuse la tablette numérique. Mais plusieurs jeunes gens ne concoivent pas les livres autrement. Et puis, ils ont cet avantage: ils emportent leur bibliothèque avec eux.

     

    Pour l’écrit, c’est amusant, et même ironique. Socrate préférait l’oral à l’écrit. Et pourtant, si nous pouvons encore le lire, c’est parce qu’il fut très souvent écrit, dès le début, et même, par ses meilleurs disciples: Platon et Aristote. Bien sur, ca ne dit pas que l’écrit soit supérieur à l’oral. Mais ca semble prouver qu’on ne puisse pas se passer de l’écrit, même pour vanter les avantages de l’oral. Il me semble que nous aurions eu une amusante discussion, avec Socrate, à ce sujet.

    1. Karine :)

      Yvon Verrier: j’avoue être vieux jeu sur ce coup-là et m’en tenir aux livres papier de façon un peu obstinée.  Comme vous j’imagine qu’on n’y échappera pas mais j’espère avoir encore des années devant moi!  Je n’ai pas vraiment le goût de m’y habituer, je l’avoue.  Et j’imagine avec horreur la tablette informatique prendre l’eau pour une raison X et perdre ma bibliothèque (l’eau est mon karma, je pense!!!)

       

      Quant aux recherches sur le net, il n’y a qu’à voir les mots clé avec lesquels on arrive sur mon blog pour se dire que non, finalement, peut-être qu’ils ne cherchent pas vraiment ce qu’on trouve dans les livres de façon générale… et je parle presque uniquement de livres!!!

       

      Et j’aurais bien aimé entendre votre discussion avec Socrate, tiens!!

  11. Yvon Verrier

    Mais d’après ce que je sais de Socrate, et de ses amis, il y aurait sans doute eu beaucoup de rires dans l’assemblée. Au moins, j’aurais eu l’avantge d’avoir lu Socrate, avant d’oser me présenter devant lui.

     

    Quant aux tablettes électroniques, si vous craignez de voir disparaitre votre bibliothèque, c’est que vous avez imaginé une tablette numérique exploitée par Microsoft. Mais je pense qu’on pourra bientôt faire des tablettes qui seront agréables à manipuler, et surtout, à lire. D’un autre côté, quand je lis un livre qui fut imprimé et relié, il y a plus de trois cent ans, je ne peux pas m’empêcher de me demander: qui donc à eu ce livre entre les mains?

     

    Et sur Internet, j’espère qu’on finira par améliorer les engins de recherches. Mais il faudrait aussi améliorer l’intérêt des chercheurs. Cette culture démocratique réflète bien le premier intérêt des gens. Sans les nommer, on se doute des mots clés les plus souvent utilisés…

    1. Karine :)

      Yvon Verrier: En effet, cet avantage n’aurait pas été des moindres!  Pour ma tablette électronique, je pense tablette-qui-est-allée-à-l’eau.  J’ai un don particulier pour tout faire tomber dans l’eau alors mes gadgets électroniques ont généralement la vie courte.  Et je suis tout à fait comme vous pour les livres.  J’aime les bouquineries car j’aime m’imaginer l’historique du livre, ses lecteurs précédents… j’ai un jour trouvé une vieille édition qui contenait les noms des propriétaires depuis 80 ans!!

  12. Yvon Verrier

    Je passe beaucoup de temps dans une petite librairie de mon quartier. Les librairies, c’est déjà très rare, au Québec. Mais cette librairie contient principalement des livres anciens, jusqu’au XVIe siècle. Ils sont parfois abimés, nous le serions tous un peu, après deux ou trois cent ans, passées sur des étagères, ou pire encore, usés par de vilaines petites mains. Mais je suis relieur, et j’essaie de redonner une deuxième vie à ceux qui ont le plus souffert. Ca me justifie donc de hanter ces lieux. Ca n’est pas uniquement de la nostalgie. Mon ancêtre faisait déjà la même chose au XVIIIe siècle, à Québec. Il y a quelque chose de mystérieux, dans le livre. Ca n’est pas uniquement le papier. Même un livre blanc, c’est déjà quelque chose. Pour le reste, ca dépendra de son propriétaire, de son auteur. Il est certain que le livre est le support de l’idée, du rêve. Mais de donner une forme nouvelle à ce support, et même de le remplir de tous les livres d’Alexandrie et de Pergame, il me semble que ca ne lui conservera pas ce petit quelque chose, que j’aime, et que je ne sais pourtant pas nommer. Quand il n’y aura plus que des tablettes numériques, je me consolerai en pensant qu’elles contiennent des milliers de livres. Mais je regretterai beaucoup ces petites choses de papier, recouvertes de cuir, usées par les années, et patinées par tant de petites mains rêveuses. Les histoires qu’on y lira seront certainement toujours aussi belles, et elles nous feront encore rêver. Mais ces tablettes numériques n’auront pas l’âme qui s’installe lentement dans les vieux livres, surtout, si, avec le vieillissement artificiel qu’on donne à la nouvelle technologie, surtout, si on doit changer la tablette à tous les six mois, ou y ajouter des update toutes les semaines…

    1. Karine :)

      Yvon Verrier: J’aime beaucoup votre façon d’appréhender et de considérer les livres.  C’est vrai qu’il y a quelque chose de particulier dans l’objet-livre.  Les vieux livres en cuir me font toujours rêver même si je n’ai pas la chance d’en posséder!

  13. Greg

    Magique la capacité de Stevenson à nous transporter dans l’Aventure. Je viens d’apprendre l’existence de deux livres regroupant la correspondance de Stevenson ( Lettres du Vagabond (tome 1) et Lettres des mers du Sud (tome 2) ), j’aimerais bien les trouver et me replonger dans les écrits de cet auteur ..

    1. Karine :)

      Greg: oui, tout à fait magique!!  J’adore Stevenson et j’ai bien l’intention de m’y replonger en grand en 2011!!!

  14. Dryade

    Bonjour, Karine : je ne suis plus une nymphe mais une revenante… Il faut dire que j’ai eu un été un peu fou quoique passionnant, au service de très vénérables pierres. Je sentais que je me ferais un peu rare, mais il s’est avéré que le temps aussi bien que d’énergie m’ont fait totalement défaut. Et pourtant nos échanges m’ont manqué. Enfin me revoici j’espère plus fidèle.

    Pour clore cette discussion, je te confirme que mon coin est très petit et isolé, surtout dans ces domaines. Et que rien jamais ne remplacera à mon goût le livre, en papier avec des pages, qui se suffit à lui-même avec un peu de lumière, qu’on offre, qu’on prête, sur lequel on retombe des années après sur un coin d’étagère, qui s’imprègne de vous et des amis connus ou pas avec qui on l’a partagé! La version électronique, pour notre génération au moins, ne saura être qu’un complément. Les tablettes électroniques ? Jolis joujoux—on m’a dit le plus grand bien de « l’encre électronique » qui imiterait vraiment l’imprimé, sans scintillement et sans fatigue occulaire—mais joujoux. L’avantage, évidemment, c’est que si on s’abstient de la tremper dans l’eau, et que de fait les fabricants évitent de nous en faire changer tous les six mois, ça peut devenir un vrai doudou quand on l’a lue des années de suite, mais un doudou un peu froid… Et va offrir un ebook avec une dédicace affectueuse dans la couverture !

    D’ailleurs, je ne suis pas si sûre que « ceci tuera cela », pour paraphraser mon bien-aimé Hugo : on construit encore des cathédrales, et pourtant on est passé du manuscrit à l’impression, puis à l’informatique… et des gens se passionnent pour la calligraphie. Appelle-moi optimiste, mais je me demande même si, en passant de l’obligation au choix, une technique ne grandit pas, comme la peinture avec l’avènement de la photographie.

    1. Karine :)

      Dryade: On peut espérer que les deux réussiront à cohabiter… pour ma part, le « pas de fatigue optique » ne fonctionne vraiment pas du tout…  ça me donne un mal de tête fou mais on m’a dit que peut-être est-ce psychosomatique parce qu’au fond de moi, j’ai besoin de mes livres papier… L’informatique, c’est bien, sauf que bon, les choses se perdent… ya qu’à penser aux photos qu’on avait juste sur les ordis (qui plantent) par exemple.  Ca sauve du papier mais c’est pas sans risque.  Mais je pense que c’est mon esprit réactionnaire qui refuse encore!!!

  15. Dryade

    Je vais donc encore réfléchir, j’en suis toujours aux écrans classiques. Quant aux documents uniques perdus, ne m’en parle pas ou je pleure… Sauvegardons, mes sœurs ! Pour ne rien te cacher, c’est aussi une raison pour laquelle je copie mon irremplaçable bibliothèque, au cas où il arriverait malheur : je ne perdrais ainsi pas tout, notamment quelques textes épuisés; mais ça ne serait de fait plus mes vieux amis. Dans un autre registre, comme copier un tableau, ça augmente l’intimité avec l’œuvre.

    Et puis comme je l’ai suggéré, j’ai aussi dans l’idée, pour certains, de repasser à l’imprimé avec reliure et ornementation personnelles : je suis un peu folle, non ?

    Enfin, pour ce qui est de « lire au lieu de vivre sa vie »: je n’avais pas conscience de cesser d’exister pendant ce temps ! Sérieusement, je ne suis pas loin de penser que c’est au contraire le meilleur de ma vie, en tout cas que je suis augmentée de tout ce que j’ai lu, tous ces destins, tous ces décors. Si je n’avais pas eu les livres pour m’apprendre le monde, les mots et les hommes, je serais à peine le quart de ce que je suis. Et quand la Vie m’a joué les vilains tours qu’elle sait, sans la vie des livres, et de l’imaginaire en général, je ne serais plus grand-chose.

    C’est tout de même étrange, avec tout ce qui nous entoure de merveilleux ou menaçant, la méfiance que peut encore éveiller notre vice inoffensif, notre deuxième monde si peu secret chez ceux qui n’ont pas l’audace ou le goût d’y entrer… Pour ma part, je vais reprendre mes heureuses pérégrinations dans ton si agréable royaume, et à l’occasion si tu veux t’évoquer mes propres aventures.

    1. Karine :)

      Dryade: Reliure et ornementation personnelle… tu veux dire que tu es capable de faire ça toute seule?  Je vous envie, tu sais!  Ce doit être magnifique de pouvoir faire ça!   Et je suis tout à fait d’accord pour la lecture.  On existe encore quand on lit, on apprend, on voit les choses différemment, on vit des choses qu’on ne pourrait jamais vivre autrement du fait de notre situation ou même de nos valeurs.  On est confrontés à des idées que l’on n’aurait jamais eues autrement.  Pour ma part, ce n’est pas le meilleur de ma vie mais c’en est une partie importante.  Ça rend au contraire le réel pour réel, plus vrai.  Et oui, ça fait peur un peu, les réactions que les gens ont…  Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement nécessaire d’avoir les deux pieds ancrés dans le réel 24h sur 24… tant qu’on ne mélange pas « vraiment » les deux!! 

       

      Et tu es la bienvenue pour visiter mon chez moi et me faire part de tout ce qui te passe par la tête!! ;))

  16. Dryade

    Ne soit pas impressionnée ! Le fait est que j’adore faire de mes mains, pour changer de ce que je fais de ma tête, et apprendre de nouvelles techniques — ça garde jeune ! La reliure est une des suivantes sur la liste, je n’en suis qu’à la théorie, mais je dessine très modestement et notamment j’aime beaucoup les lettres ornées et les motifs décoratifs : c’est donc assez logique. Ceci dit, je me souviens d’une chronique hilarante où tu étais aux prises avec un projet artistique: aïe; mais on ne peut pas être douée en tout. Par exemple, j’ignore le premier mot de la danse orientale, que je trouve si extraordinaire, et que je crois tu pratiques.

    Pour le rapport à l’imaginaire, on est du même avis : tant qu’on a conscience d’une différence, je ne vois pas ce que ça ôte au réel, au contraire. Les pieds par terre, mais la tête dans le ciel, on respire mieux. Et tandis qu’on multiplie les expériences par procuration, donc les points de vue, on apprend sur soi, sur les autres, on apprend un peu de tolérance au passage, et on s’en porte mieux. Tu as raison, les livres permettent d’explorer sans risque les côtés sombres de l’humain, de voir ses propres histoires sous d’autres facettes, et d’entrer dans celles de son prochain pour mieux le comprendre. Et où ailleurs pourrait-on éprouver toute la gamme des sentiments, ceux qui sont dans notre nature mais auxquels la vie que nous menons ne donne pas lieu, ceux qui n’y sont pas du tout ? Où être un homme, pour un femme, ou l’inverse ? Où avoir tous les âges, avant ou après que notre corps les atteigne, être de toutes les conditions sociales ? Où visiter à loisir tous les pays, à toutes les époques, voire dans des temps imaginaires ? Où être — sinon sur un blog amical :)— une créature mythique ?

    Les réactions oserais-je dire hostiles ne sont sûrement rien de pire que la peur de l’inconnu.

    1. Karine :)

      Dryade: Ah oui, on ne peut pas l’avoir pour tout, c’est certain.  Mon projet artistique a finalement abouti à un truc regardable mais disons que ça m’a pris beaucoup, beaucoup de temps… et que j’ai eu plus de peinture dans les cheveux que sur la dite tasse!!

       

      Exactement… tant qu’on a conscience que ce n’est pas réel et qu’on peut passer facilement de l’un à l’autre, je ne vois pas le problème.  C’est un argument que j’ai souvent donné, pouvoir explorer des choses qu’il serait autrement trop dangereux de voir de près.  Ok, c’est dans une lunette déformante, mais tout de même… c’est mieux que rien et ça ouvre l’esprit à autre chose !

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