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Déc 11 2008

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La forme de l’eau – Andrea Camilleri

Résumé
« À Vigàta, Sicile orientale, pour s,en passer, il s’en passe des choses au bercail, mi-terrain vague, mi-décharge publique, hanté par des couples en mal de sensations fortes, où dealers et prostituées font leur petites affaires.  Un type qui trépasse entre les bras de sa dulcinée d’un moment, ce n’est pas monnaie courante, mais ça arrive.  Cela dit, lorsque le type s’appelle Luparello et que c’est le parrain politique local, tout le monde s’affole.  La Mafia, les politiques,  les autorités religieuses… Seul le commissaire Montalbano, un homme bourru, flegmatique et terriblement « sicilien » garde son sang-froid, habitué qu’il est à louvoyer dans des zones grises et glauques où la loi et son contraire ont tissé des liens étroits. »

Commentaire
J’avais depuis un bon moment le goût de découvrir les aventures de Montalbano et ce livre a sans crier gare volé de l’étagère vers mes mains lors du dernier salon du livre (bon, ok, je l’ai peut-être aidé un peu… mais si peu!!!).   Premier commentaire: je n’ai jamais autant regretté de ne pas parler italien!  Je ne crois pas que le latin antique appris au secondaire (et que je lisais, étonamment, presque couramment, au grand désespoir de mon professeur qui devait encore analyser les versions qu’il nous donnait armé d’un crayon et d’un dictionnaire…) aurait pu m’aider dans ce cas-ci!!  Car dans la préface – très intéressante, soit dit en passant – du traducteur, on nous explique que livre est écrit en italien et en dialecte sicilien.   C’est le genre de chose que j’aurais carrément adoré pouvoir lire en VO… mais bon, vraisemblablement, ça n’arrivera pas!!!

En effet, j’ai réussi à sentir les deux ou trois niveaux de langage différents… uniquement grâce à la syntaxe par contre.  Le vocabulaire utilisé pour représenter le dialecte sicilien est tiré – si j’ai bien compris – d’un parlé spécifique à une région méridionale de la France.  Et pour la québécoise que je suis,  l’argot méridional, l’argot parision, l’argot du nord… c’est carrément tout pareil (ne pas taper… je mets au défi les européens de distinguer, à l’écrit, le parler de Montréal, du Saguenay ou même du Nouveau Brunswick!!!).  J’ai ainsi dû manquer plusieurs subtilités de langue et la fanatique du langage que je suis en a été un peu déçue…  Il me semble qu’il doit y avoir tellement de choses intéressante dans ce mélange de langues et de dialectes!

De plus, tout sent la Sicile, dans ce roman!  Le système de références est différent, la Liggi et « les autres » ne sont pas si séparés que ça, il y a les vraies lois, les lois tacites…  La vérité varie dépendant de la personne à qui on la dit!!  Tout est un peu tordu, un peu (beaucoup) corrompu… mais ça passe!  Le commissaire Montalbano est est d’ailleurs comme un poisson dans l’eau à travers ce système et il m’a semblé éminemment sympathique malgré tout!  Je ne suis jamais allée en Sicile et je parle donc à travers mon chapeau… mais l’auteur a selon moi réussi à recréer une portion de ce monde qui réussit à nous y transporter le temps de ces deux cent cinquante pages. 

Ce que j’ai moins aimé, c’est l’intrigue, assez prévisible, avec beaucoup de personnages que j’ai quand même su associer très rapidement à leur rôle dans l’intrigue (bon, en plus, j’ai eu du mal avec les noms, ce qui n’a pas nécessairement aidé!) et assez peu de suspense.  Le commissaire y va un peu à l’aveuglette, suit son intuition et sa profonde connaissance de ce petit monde Sicilien.   Le tout m’a semblé quelque peu effleuré, sans aller en profondeur.  Quelques pages de plus pour fouiller davantage, peut-être… J’ai par contre aimé la finale… ce qui se passe, et ce qui ne se passe pas!  Typique!!

Bref, j’ai aimé l’ambiance, j’ai aimé le personnage principal mais moins l’intrigue.  Ça ne peut vouloir dire qu’une chose: il me faut lire d’autres livres de la série du commissaire Montalbano, peut-être que l’histoire me plaira davantage et j’aurai le plaisir d’y retrouver ce que j’ai aimé!!

7,5/10

(28 commentaires)

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  1. Joelle

    Même nous, on a parfois du mal avec les différentes expressions régionales ! Je n’ai jamais rien lu de cet auteur car cela ne m’attire pas beaucoup (justement à cause des difficultés que beaucoup ont eu à cause de la langue) mais j’ai bien aimé regarder les quelques épisodes diffusés à la télé, épisodes de la série italienne avec Montalbano. J’adore les regarder parler en agitant les mains … tu identifies immédiatemment que c’est italien (si tu veux les rendre muets, tu leur attaches les mains ! mdr !) mais je n’ai rien à dire : moi aussi, je bouge beaucoup les mains quand je parle 😉

  2. kesalul

    Je te rejoins totalement. En général ses histoires ne sont pas d’un grand suspense, mais j’adore l’ambiance méridionale… Je suis fan!!

  3. Florinette

    C’est vrai que ce n’est pas évident de s’y retrouver dans toutes ces expressions, mais en même temps ça nous plonge directement dans l’ambiance, en fin quand l’auteur n’en abuse pas, sinon on est vite perdu et l’on sent que l’on passe à côté de quelque chose d’essentiel…en plus si l’intrigue est prévisible, ce n’est pas vraiment ce que j’attends d’un policier…c’est bien dommage !

  4. Karine :)

    Joelle: Ca doit être quelque chose, de voir ça à la télé!!! Mais bon, comme tu dis, je ne peux pas parler non plus parce que je parle avec mes mains la moitié du temps aussi… sauf que moi, je fais des signes LSQ à moitié en même temps… et sans m’en rendre compte! Déformation professionnelle!!! Kesalul: Je lirai probablement autre chose d e l’auteur… j’ai aimé l’ambiance, en effet!! Florinette: Je n’étais pas perdue dans la langue mais j’avais un peu de mal à retrouver toute la couleur locale à part certaines structures! J’ai bien aimé, je lirai autre chose de l’auteur… au moins pour l’atmosphère sicilienne!

  5. Pimpi

    Je suis témoin, le livre t’est littéralement tombé dans les mains au salon du livre. Le bond que ce Pocket a fait dans ton sac était même à la limite de l’agressivité, j’ai trouvé… Bon, je ne suis en général pas fan des ambiances méridionale et consort… trop chaud pour moi, là-bas, alors je ne pense pas que je lirai cette série ! (Quoi, c’est moi qui dis ça! Sors de ce corps, démon ! Ce doit être les aventures de INT le petit signal qui me perturbent gravement, il est temps que les vacances arrivent !)

  6. Manu

    Je te rejoins tout à fait dans tes commentaires mais personnellement, ça m’a totalement dissuadé d’en lire un autre (j’en ai lu un autre de la série – pas celui-ci) La traduction ne m’a pas plu du tout et je pense aussi que ça doit être mieux en VO. Ca me rassure de voir que je ne suis pas la seule à avoir mélangé les noms ! Parfois, je ne savais même plus si c’était un homme ou un village, la honte !!!

  7. Karine :)

    Pimpi: N’est-ce pas que ce bond était limite illégal?? Ca devrait être interdit! Vite le Jurisfiction!!! Et alors, comment va la rédaction des aventures de « INT le petit signal »?? C’est que j’attends impatiemment la sortie en poche, moi!!! (ces dernières phrases sont le résultat d’un délire de fin de journée hier… on n’est pas encore complètement folles, non non!!!)

  8. Karine :)

    Manu: Ouais… mélanger personnages et villages, ça risque d’introduire un peu de confusion!!! Je réessaierai quand même parce que j’imagine que ça doit être génial en italien!!!

  9. Pimpi

    La rédaction n’avance pas du tout, ça fait une demi-heure que je regarde une phrase sans comprendre le moindre mot de ce qu’elle veut dire… je pense que dans 10 minutes, je pleure de désespoir! Si on appelle le Jurisfiction, tu crois que c’est Thursday qui va venir à la rescousse? Tu penses que je peux lui demander de l’aide?

  10. niki

    j’adore les bouquins de camilleri, j’ai le plaisir de pouvoir les lire en italien, et vraiment c’est un régal

  11. Constance 36

    Du coeur de l’hiver ça a l’air délicieusement exotique… Peut-être fera-t-il un bond dans mon sac lui aussi ?

  12. anjelica

    Je n’ai pas encore découvert cette auteure , un jour peut-être…Va savoir !

  13. niki

    andrea camilleri est UN auteur; en italien, le prénom andré se dit « andrea ». Mais on ne peut pas le savoir si on ne le connaît pas, car « andrea » est aussi un prénom féminin en italie.

  14. Chimère

    Ah le commissaire Montalbano mais surtout l’inénarrable Brigadier Catarella, génial imbécile incompétent et surdoué de l’informatique en même temps (si c’est vrai !). La forme de l’eau, ce n’est pas forcément le meilleur, mais c’est idéal pour faire connaissance avec les personnages récurrents. Chien de faïence est probablement plus intéressant.

  15. Karine :)

    Pimpi: Le syndrome de la page blanche pour le petit signal?? Quelle horreur! Pourquoi pas Thursday? Elle pourrait peut-être amener Darcy avec elle, non?? Niki: J’aurais vraiment aimé lire l’italien pour ce roman… il paraît que c’est vraiment particulier!! Constance: Oui, c’est un tout autre univers! Entre deux tempêtes de neige, ça fait du bien, un peu de Sicile!! Anjelica: Un jour! Mais c’est un IL, il monsieur Camilleri… en tout cas, sur la photo, il a l’air d’un il!!! Niki: Oups, tu as répondu avant moi! Comme je dis à Anjelica, sur la photo, c’est définitivement un homme… aucun doute là-dessus!! Chimère: Hoooo je ne connanis pas le Brigadier Catarella… ou je suis mêlée dans les noms!!! Il apparaît dans d’autres?? Un génial imbécile surdoué en informatique… je ris toute seule (certains comprendront pourquoi!!)! Je note Chien de Faïence pour le prochain!

  16. Pimpi

    Ah, Darcy… *soupirs* j’aurais bien besoin de réconfort tiens… la semaine a été difficile!

  17. Karine :)

    Pimpi: Que puis-je ajouter d’autres à ce mot… Daaarcy!!! *soupir*

  18. Pimpi

    si je te dis que je suis définitivement fâchée avec ce sacripan de INT, tu me crois??? Tu as un remède contre les pannes de traduction?? Je veux dire, hormis jeter l’ordinateur que mon employeur a la gracieuseté de me fournir pour qu’il puisse exploiter mes non-compétences et me donner à faire des choses qui sont a) TRÈS TRÈS ennuyeuses, b) tout à fait en dehors de mes compétences et c) sensées durer cinq mois (sans compter les interruptions permanentes)… Bref…

  19. Karine :)

    Pimpi: Tu peux toujours menacer de jeter l’ordi par la fenêtre… moi, ça a fonctionné! Mais je comprends ton désarroi, c’est fou quand on sait qu’on doit faire un boulot qui n’est pas pour nous au départ. Et pour les pannes de traduction, je ne peux vraiment pas t’aider… après quelques cours dans le domaine en complémentaire à l’université, j’ai la confirmation que je n’y arrive pas!!! Un week-end de congé, ça serait une bonne solution, non??

  20. Pimpi

    Oui, heureusement, le week-end vient d’arriver et j’ai de nouvelles bottes cutes (bien que pas roses, mais bleues ciel) pour aller jouer dans la neige avec mon homme et des gants qui sont presque assortis… que des achats indispensables à mon bien-être moral, mais ça manque un peu de livres quand même… je pense que je vais régler ce problème la semaine prochaine… demain, c’est séance photo dans la neige !!!! Pour la panne, ma foi, lundi sera un autre jour et mes neuronnes seront en meilleure forme !! Je finirai bien par y arriver !! Bon, alors, qu’as-tu dans ta manche comme lecture pour le prochain billet ??? 😀 Je manque de mourir de rire à chaque fois ! Ils me font beaucoup de bien en tout cas !!!

  21. Karine :)

    Pimpi: Indispensables comme achats en effet… et je suis hyyyper jalouse des bottes bleu ciel! Je veux ab-so-lu-ment voir la photo dans la neige AVEC bottes!!!

  22. Emeraude

    tu me donnes le goût (pour parler québécois ;-)) de le lire en italien… mais je ne parle pas le dialecte sicilien et je pratique tellement peu l’italien que je risque fortement de m’y perdre… mais bon, on peut toujours essayer ! Je n’ai encore jamais fait la connaissance du comissaire Montalbano, pourtant, j’en ai bien envie ! 😉

  23. A_girl_from_earth

    Tu n’as pas trouvé que la traduction française du sicilien passait mal en français? Moi ça m’avait presque traumatisée. Enfin, ce n’est pas celui-ci que j’ai lu mais un autre, j’imagine que le traducteur est le même cela-dit.

  24. Karine :)

    Emeraude: Je ne savais pas que « donner le goût » était une expression québécoise!!! Le commissaire Montalbano est très couleur locale! Je l’aime bien!! Si un jour tu le lis en Italien, je suis bien curieuse de savoir ce que tu vas en penser (quoi que je serai curieuse si tu le lis en français aussi!!) A girl from Earth: La vérité c’est que j’ai eu du mal à trouver ce qui était en sicilien au départ… des dialogues probablement… je m’en rendais compte quand le verbe était à la fin mais les vocabulaire pour moi, l’argot d’ailleurs, c’est du pareil au même!!! C’est peut-être pour ça que je n’ai pas été traumatisée!!

  25. Flo

    Complètement d’accord avec ton analyse. J’ai découvert Camilleri et son enquêteur il y a peu et mon sentiment est proche du tien !

  26. Karine :)

    Flo: En avais-tu parlé sur ton blog?? j’ai du mal à me rappeler où j’ai lu quoi, parfois!!!

  27. Nicolas

    Je n’ai jamais vu autant de personnages dans un roman. C’est le seul polar où l’annonce du coupable ne m’a fait ni chaud ni froid puisque je ne savais pas de qui il s’agissait! le style est plaisant mais il ne m’a pas semblé extraordinaire. Bref, rien d’extraordinaire, en ce qui me concerne.

    1. Karine :)

      Nicolas: Je compte tout de même poursuivre, pour l’ambiance!!!  Mais bon, je n’en ai pas beaucoup beaucoup de souvenirs, j’avoue…

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