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Août 15 2008

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Compter jusqu’à cent – Mélanie Gélinas

Résumé

« Le matin du 11 septembre 2001, Anaïs ressent l’onde de choc des tours qui s’effondrent jusque dans sa chair.  L’ampleur de la catastrophe se fait l’écho d’un crime oublié, survenu dix ans auparavant.  Resurgit alors une décennie passée sous le signe de la survivance.  Que vaut la reconstruction d’une vie sans envisager le pardon?  Dans l’ébranlement sans mesure dans lequel les attentats la plongent, elle se rappelle les vieux écueils de son enfance, et aussi la cicatrice d’un terrible secret.  Il n’y avait que le pire pour faire renaître son corps de ses centres… »

 

Commentaire

Je me demandais depuis un moment ce que cette couverture jaune pouvait bien cacher.  Je pourrais bien faire preuve de mauvaise foi (mais jaaaamais je n’oserais faire une chose pareille) et vous raconter que La Recrue du mois m’a OBLIGÉE à l’acheter pour les suivre dans leur lecture du mois d’août mais non… je n’ai même pas cette raison en banque.   J’avais craqué avant, sans même lire l’endos du livre (bon, ça, je fais ça souvent!), juste parce que le truc jaune m’intriguait.  Je sais, je suis incorrigible!!!

 

« Compter jusqu’à cent », c’est tenter de dire ce qui ne se raconte pas parce que ça fait trop mal.  À travers cent courts chapitres, l’auteure nous offre cent fragments entourant le drame, ou évoquant le drame lui-même, cet indicible.   Le drame, c’est ce viol qui n’a jamais été dit… jamais été réellement raconté.  Ce secret qui fait que depuis, le « je » se cache et s’exprime par l’intermédiaire d’Anaïs, qui court en s’étourdissant depuis dix ans.  Et quand les tours s’effondrent dans ce drame collectif qui ébranle l’Amérique, les barrières qui retenaient le drame personnel s’effondrent avec elles.   

 

C’est l’été.  L’été, normalement, je veux des lectures légères, qui ne me demandent pas de trop réfléchir.  Disons que je me suis trompée de registre pour celui-ci mais j’ai quand même apprécié ma lecture. J’ai mis un peu de temps à entrer dans le roman au départ, juste le temps que les pièces du puzzle commencent à s’emboîter mais une fois les premiers chapitres passée, j’ai beaucoup aimé.   Pourquoi?  Tout d’abord pour la plume de Mélanie Gélinas que j’ai trouvée réellement très belle et poétique.  Pleine d’images, de métaphores, de liens.  J’ai trouvé plusieurs phrases assez belles pour avoir le goût de les lire à voix haute (comme j’étais pendant ma pause au boulot, croyez-moi, il fallait que ça vaille la peine parce que ça donne l’air un peu bizarre!!).  Bon, ok, ça demande quand même une certaine attention et j’ai dû relire certains passages plus d’une fois pour bien les saisir.  Mais ça ne m’a pas déplu, au contraire.  Entre Montréal et New York, qui sont tellement vivantes, nous, le Lecteur, écoutons ce « je » et ce « elle » confondus.  De plus, à travers la succession de souvenirs, on réussit à voir un peu l’enfant qui était avant ça et de ce fait, elle réussit à nous toucher, à nous faire ressentir une partie de l’horreur sans que pour autant ce soit sordide ou une séance de victimisation en bonne et due forme.  Parce qu’il y a tout de même une lueur d’espoir dans tout ça. 

 

Toutefois, je crois que  l’essai de l’auteure, ainsi que le mot de sa directrice littéraire étaient superflus.  Je n’ai pas compris ce besoin de justifier un roman qui se suffisait très bien à lui-même.  C’est dommage car cette analyse fait que nous fermons le livre sur des considérations qui nous éloignent de l’émotion ressentie dans le roman.  J’aurais préféré terminé en force plutôt que sur un essai tiède et ça a un peu gâché mon impression finale.  Ceci dit, je n’avais qu’à ne pas le lire, direz-vous!  Mais je suis une horrible curieuse, je crois que je l’ai déjà dit.  

 

Une auteure à suivre donc!

 

8/10

(9 commentaires)

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  1. Caro[line]

    Nous sommes bien d’accord : c’est un auteur à suivre ! :-)))

  2. yueyin

    TU donnes envie, comme si j’avais besoin de ça (soupir !) mais je note quand même car l’idée de départ m’accroche bien…. encore un livre de noté 🙂

  3. Venise

    Pour la postface, nous avons eu le même sentiment, mais je dois être moins curieuse que toi, ou bien j’étais plus dérangée par cette autopsie d’une émotion encore palpitante de vie. J’ai donc fermé, déçue de l’avoir commencé. Un livre aussi beau que dérangeant. C’est rare.

  4. Karine

    Caro[line]: En plein ça. Quand on commence aussi fort, ça ne peut que bien continuer! Yueyin: Eh oui, encore un! C’est un roman dur mais quand même plein d’espoir. Venise: Tiens, j’aime ton expression… autopsie d’une émotion. Je m’en serais volontiers passée.

  5. Jules

    Moi j’ai lu la postface comme un manuel d’emploi du livre. C’est rare que les auteurs décortiquent leur méthode ou leur inspiration. C’est un plus pour les curieux!

  6. Venise

    Karine, j’ai demandé aux autres rédacteurs et ils étaient d’accord pour que je rajoute un petit paragraphe à La Recrue pour introduire ton commentaire de lecture. Éric aussi a rajouté le sien. Il vaut le détour.

  7. Karine

    Jules: En effet, ça peut être considéré ainsi… moi, j’aurais préféré rester sur le « high » suite à la lecture du bouquin… mais j’avoue que pour les curieux, ça peut être bien! Venise: Je vais fouiner pour voir le commentaire d’Eric!

  8. Colibri

    Pas du tout aimé et les rares lecteurs qui l’ont emprunté à la bibliothèque n’ont pas pu le lire entièrement.

    • Trop d’anglais (malgré la traduction que j’ai pris la peine de joindre!!) pour les nuls en langue que sont les français
    • Postface auteure
    • Confusion entre fiction et réalité
    1. Karine :)

      Colibri: Moi, ça m’a bien plu et pourtant ce n’est pas mon style habituellement.  C’est certain que pour l’anglais, ça ne m’a pas du tout gênée, c’est la réalité de cette ville.  Mais je conçois que le côté  bizarre et la construction puissent rebuter. 

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