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Mai 17 2008

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La vie de Liszt est un roman – Zsolt Harsànyi

Résumé coup-de-coeur.gif
« Il donnait des leçons pour vivre et parfois, lorsque ses doigts ne supportaient plus les efforts violents et cruels, il lisait pour se reposer.  Tout, à tort et à travers.  De nouveau il avait cessé de fréquenter la société, il rencontrait à peine ses amis.  Balzac lui aussi était très occupé.  Victor Hugo travaillait à un grand roman qui avait pour cadre l’église Notre-Dame.  Berlioz n’était pas à Paris, Musset courait constamment le jupon.  Et lui, il restait assis pendant des heures interminables au piano et luttait avec lui comme avec un démon.  Ce fut un combat effroyable.

L’itinéraire du jeune Liszt est ici restitué par un biographe attentif et cmoplice qui, de Doborjàn (Autriche) où naquit le virtuose en 1811, à Vienne où il fit ses classes, en passant par l’Allemagne et Paris où il vint parfaire son éducation musicale et devint le familier du cercle romantique, le suit pour l’accompagner ensuite, compisitaur au faîte de sa gloire, à Weimar, Dresde, Budapest, Rome ou Leipzig puis à Bayreuth où il mourut en 1886. »

Commentaire
Cette biographie romancée de Franz Liszt est un cadeau de Noël.  J’en avais entendu parler je ne sais trop où et je désirais vivement la lire… mais quand j’ai aperçu l’épaisseur du livre en le sortant du paquet, j’avoue avoir connu un moment de dépit!  Une biographie de 743 pages?!?!?!  Oui, je sais, les biographies ont souvent cette envergure… j’en lis d’ailleurs assez peu.  Je me souviens m’être dit que je lirais ce livre probablement dans la semaine des 4 jeudis… et il faut croire qu’elle est arrivée (quoi que s’il y avait eu vraiment 4 jeudis dans cette semaine, je n’y aurais pas survécu… la journée de jeudi a été un mélange de course folle et de « au-delà du réel »…)

J’ai donc passé plusieurs jours en compagnie de Franz Liszt, ce grand virtuose au piano (on le dit le plus grand pianiste du 19e siècle) et aussi compositeur.  Je dois avouer que je connais relativement peu la musique de Liszt… de lui, je n’ai joué que quelques « Consolations » et si je connaissais quelques une de ses « Études d’exécution transcendantes » et « Rhapsodies hongroises », je ne peux pas dire que j’étais très « ferrée » en ce qui concerne ce compositeur.  Bien entendu, j’ai profité de cette semaine pour pallier (en partie) à ce manque de culture musicale et ainsi écouter plusieurs de ses oeuvres!

Le terme « biographie romancée » est assez parlant.  Plusieurs informations m’apparaissent exactes (selon mes dictionnaires de la musique, en tout cas), j’imagine qu’il faille en prendre et en laisser!  En effet, l’auteur adopte une vision « de l’intérieur » de Liszt, décrivant ses hauts, ses bas et ses questionnements existentiels par rapport à la vie, l’amour, l’art, la musique et la religion.  De plus, le point de vue adopté m’est apparu résolument romantique et on y rencontre un grand homme, fier et passionné.  Malgré le fait que ses travers (les femmes, l’ambition dévorante, sa difficulté à se fixer, à être présent pour ses enfants) soit bien en évidence, on s’attache tout de même à cet homme.

J’ai réellement apprécié chacun des moments de cette lecture.  L’écriture est très accessible et le titre est révélateur: ça se lit comme un roman.  J’ai une nette préférence pour l’époque de Paris où nous croisons également Chopin, Hugo, Balzac, Berlioz, George Sand et Musset.  J’aurais bien aimé être un petit oiseau pour écouter les conversations que tenait ce cercle romantique!  Et on parle de musique bien sur.  De celle de Chopin, de Wagner de Berlioz, de Liszt aussi, bien sûr.  L’accueil qui leur fut réservé, les « politicailleries » de la cour, les jeux de pouvoir desquels dépendaient les musiciens.  J’ai bien apprécié le portrait du monde de la musique du 19e siècle qui est dépeint dans le roman.  De la vie complètement folle et bohême du virtuose qui court de concert en concert aux tentatives de faire accepter la « nouvelle musique » et la musique à programme par tous les moyens possibles.  Les guerres de clan, les trahisons, les grandes fièvres créatrices.  Et la fin, bien entendu.  J’ai été emportée dans le tourbillon de la vie de ce compositeur.

Bref, un excellent moment de lecture.  Si je n’y ai trouvé aucune longueur, je pourrais comprendre que d’autres puissent être en désaccord sur ce point.  C’est très accessible mais je crois qu’il faut tout de même aimer un peu la musique pour le savourer à plein.  Le seul reproche que je lui fais est une vision un peu noire de certaines femmes (bon, peut-être qu’elles étaient vraiment détestables… sait-on jamais), à qui Liszt en a fait voir de toutes les couleurs… et qui le lui ont bien rendu!  C’est que monsieur le pianiste a été, semble-t-il un bourreau des coeurs!

Bref, si vous connaissez d’autres biographies accessibles de compositeurs (signification: qui se lisent de façon fluide), je suis partante, n’importe quand! 

Et je termine sur une phrase d’un copain qui m’a bien fait rire: « Lire une biographie?  T’es bizarre… je ne comprends pas l’intérêt… tu sais déjà comment ça finit… ça finit qu’il meurt à la fin de sa vie »!  J’ai été carrément bouchée!!!

9,5/10

(19 commentaires)

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  1. Alice

    Lu il y a très longtemps mais comme toi j’ai adoré j’en garde un excellent souvenir de lecture !!!!

  2. Tietie007

    J’avais lu une biographie de Liszt, il y a désormais bien longtemps, et je me rappelle que ses amours furent tumultueux !

  3. Choupynette

    alors , là! me voilà curieuse de ce roman. J’aime Lizst, sans pour autant vraiment connaitre son oeuvre. Je prends en note ce titre. Dans un style différent, mais parlant aussi d’un très grand musicien, je te conseille Icare et la flûte enchantée de julien Burgonde, qui nous parle de Mozart.

  4. Karine

    Alice: J’en garderai aussi un très bon souvenir. Cette forme de roman permet d’apprendre des choses (je sais qu’il faut en prendre et en laisser mais bon!) tout en passant un excellent moment de lecture, ce qui m’arrive moins souvent avec une bio « normale » Titie007: J’avoue que ses amours n’ont pas été de tout repos… Ça semble être souvent le cas avec ses grands passionnés! Choupynette: Merci pour la suggestion, je note tout de suite! J’aime beaucoup Mozart et sa musique galante! Quant à la bio romancée de Liszt, si tu aimes le genre, je te la conseillerais sans problème! Je vais réécouter ce que j’ai de Liszt d’une oreille différente!

  5. Jules

    Ah! 743 pages, ça explique pourquoi tu étais disparue pendant un gros deux jours!!! 😉

  6. Karine

    Jules: En fait, c’est un peu trompeur parce que le « Guide » était lu depuis quelques jours déjà… et que j’ai écrit un tas de billets « autres »! J’ai dû passer 5 jours dedans! 😉 Mais ça valait la peine!

  7. Lune de pluie

    En plein romantisme! où tout est souffrance (rêve de gloire, servitude et grandeur…) et LA FEMME (damnation 🙂 ) Je travaille avec un élève sur les poètes maudits du 19è et je t’assure qu’en tant que femme, j’en prends « plein la vue » grrr!

  8. lily

    A noter vivement donc 🙂 S’il y a un truc qui m’exaspère avec les biographies (non romancées, qui se veulent « sérieuses ») c’est le parti pris de commencer le livre par les arrière grands parents (voire pire si les archives le permettent) pour arriver p. 251 au sujet de la biographie dans ses langes… Cela m’horripile, je crois que j’ai dû passer les premiers chapitres à chaque fois 🙂 – (Je pense aux bios de Balzac que j’ai étudié sous toutes les coutures… )

  9. Karine

    Lune de Pluie: Exactement… en plein romantisme! Je n’ai pas trooop grincé des dents parce que tout de même, certaines femmes sont dépeintes sur un bon jour, c’est un peu l’époque qui faisait ça. Lily: Je ne suis pas très biographie « sérieuse » en grande partie pour cette raison. Ca part de trop loin, la lecture est souvent rendue difficile par les multiples références… Quant on étudie un personnage en particulier, c’est génial… mais quand on lit pour le plaisir et la détente, je trouve ça un peu lourd. Et dans cette biographie-ci, le fait qu’on ait fait ressortir la figure romantique de Liszt, avec tout ce que ça implique de clichés ne m’a pas du tout dérangée!

  10. sybilline

    Il convient certainement d’aimer ce grand compositeur pour apprécier pleinement cette biographie, toute romancée qu’elle soit. Ton article est TRES intéressant et fort clair, Karine, bravo!

  11. Lucie

    Ah! là, tu parles… Je ne lis que très rarement des bios (et généralement c’est parce que j’ai une série de notes de programme ou d’articles à écrire sur le sujet) mais, celle-là, effectivement, se lit comme un roman et humanise le mythique Liszt. On oublie trop souvent qu’il n’est pas qu’une rock star (c’est certainement l’un des premiers du genre) mais aussi profondément humain dans sa fragilité.

  12. Karine

    Sybilline: Merci! J’ai parfois peur de ne pas faire honneur aux bouquins que j’ai appréciés dans mes billets! Lucie: En effet, j’avais cette vision d’un grand virtuose très populaire, avec son fan club, qui composait principalement de la musique pas jouable (bon… pas pour les « Consolations », tout de même) pour démontrer qu’il était vraiment un bon pianiste. Cette bio me l’a fait voir sous un autre oeil!

  13. Emmyne

    Oh oui, ce billet est vraiment réussi. Tu me donnes envie de ( re )découvrir la musique et le livre.

  14. Turquoise

    Très bon billet, Karine ! Il me fait regretter de ne pas avoir du tout envie de lire une biographie de musicien en ce moment ! Par contre, la réflexion du copain me fait beaucoup beaucoup rire !!! ;-DD Et en plus, il a raison !!! A bientôt.

  15. Karine

    Emmyne: Tant mieux, alors! 😉 Turquoise: Je sais qu’il a raison!!! Mais quand même, j’étais complètement cassée!!!

  16. yueyin

    Elle a l’air sympa comme tout cette bio,certes je ne suis pas très ferrée en musique (j’avoue je suis inculte) mais je en demande qu’à écouter et puis il a connu plein d’écrivains :-)))) La réflexion de ton copain est d’une profondeur confondante (tu lui a avoué que parfois tu relisais des livres ????) 😉

  17. Karine

    Yueyin: Pour quelqu’un de curieux, qui souhaite en apprendre davantage sur ce compositeur, c’est accessible, vraiment. Si on a possibilité d’avoir accès à certaines des oeuvres mentionnées (et bon… on sait que c’est généralement possible, de façon légale, en plus!), c’est encore mieux! Quant au copain, non, je n’ai pas osé lui avouer mes relectures!! Il m’aurait pris pour encore plus folle que je ne le suis!!! Mais tu as le mot… une profondeur confondante!

  18. sylire

    J’aime la musique et les biographies, alors je retiens le titre !

  19. Karine

    Sylire: C’est une combinaison gagnante, je crois 😉

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