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Mar 05 2008

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La soeur de Judith – Lise Tremblay

soeurjudith_248.jpg Résumé
« Lise Tremblay brosse un tableau du Québec rural des années d’après la Révolution tranquille, un Québec en pleine effervescence, où de nouvelles valeurs font leur chemin mais où la tradition s’accroche encore.  Fine observatrice de l’humain, l’auteur de « La héronnière » nous fait revivre ces années par le regard d’une fillette qui sera une adolescente avant la fin de l’été. »

Commentaire
Depuis sa sortie, ma mère me presse de lire ce roman.  Elle ne l’a pas lu mais a apprécié les précédents livres de l’auteur et veut connaître mon avis sur celui-ci.  Son idée géniale: me l’offrir pour Noël!  Et voilà, c’est fait!  Mais comme nos avis divergent 98% du temps… je ne sais pas trop s’il lui sera utile!!!!

J’ai bien aimé ce livre qui se passe tout près de chez moi et qui est bourré de références à des rues, des magasins et des endroits que je connais.   Je m’y suis tout de suite sentie « à la maison » et je pouvais aisément imaginer les différents personnages évoluer dans ces décors familiers.  De plus, c’est l’époque de ma mère et ces récits m’ont rappelé quelques une des aventures qu’elle me raconte parfois.  Les grandes marches, ma grand-mère couturière, la procession de la Ste-Vierge et les soeurs à l’école.   

La narratrice, dont on ne saura pas le nom, est une enfant vive qui vit les premiers émois de l’adolescence et qui ne sait trop à quelles valeurs s’accrocher.    C’est le récit d’un été en fait.  L’été de la narratrice et de son amie Judith, l’amie d’enfance avec qui elle avait en commun de partager le même bout de rue.  L’été de tous les changements, où tout semble mal aller.   La fameuse soeur de Judith, Claire, l’idole, la fille « dans le vent » par excellence, qui sort avec un riche du quartier Murdock m’apparaît comme le symbole du vent de changement qui souffle sur le Québec à cette époque, avec des nouvelles valeurs, de nouvelles moeurs, du moins pour la narratrice.   Ce n’est pas une révolutionnaire ni une fille parfaite.  Seulement une belle fille un peu frivole qui semble réaliser tous les rêves de la jeunesse.   Dans cet univers en mouvance, chacun évolue à son rythme, certains sont secoués, certains explosent et certains y adhèrent sans réfléchir… Ce roman reflète bien ces différentes réactions.

Ce passage de l’enfance vers l’adolescence se fait tout doucement à travers le livre.  Et c’est à la fin, lors de l’entrée au secondaire, lorsque de nouveaux horizons sont ouverts qu’on le perçoit davantage.  Qui n’a pas eu une « grande amie » au primaire avec qui, finalement, on n’avait pas tant que ça en commun, à part d’habiter la maison voisine?  Quelle surprise de réaliser comme ça, du jour au lendemain, quand on connaît autre chose qu’au fond… ses histoires ne nous intéressent pas tant que ça?  J’ai beaucoup aimé cette prise de conscience à travers l’histoire toute simple de gens tout simples.  L’écriture est en accord avec le thème et les personnages; des phrases courtes, une narration à la première personnes avec des réflexions d’une enfant qui l’est de moins en moins.  

Un bon moment de lecture, en somme, dont le charme ne réside pas dans les péripéties (la narratrice décrit elle-même son été comme étant « plate ») mais dans l’atmosphère créé.  Je ne sais pas si je l’aurais apprécié autant s’il s’était déroulé dans une autre ville et où je n’aurais pas de repères (les noms des commerces, des journaux… tout est réel!) mais ce fut bien agréable!

Une question et un commentaire pour finir!

Ma question: Quelqu’un peut-il me dire où le Viau était placé à l’époque pour être « sur le chemin » entre le restaurant George Steak House et le quartier Ste-Claire à C…-Nord?

Mon commentaire: Tenez-le pour dit: je ne passe pas mon temps à faire répéter des mots aux enfants une heure de temps!  Bon-e!!!    Presque à toutes les fois où j’entends parler de mon métier dans un livre, je fais les gros yeux et je m’insuuulte!!!  Je veux bien croire que c’était la croyance de l’époque… mais ça me choque pareil!  Fin de la montée de lait!!! 😉

8/10

(15 commentaires)

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  1. cathulu

    Sur la couv’ j’ai cru que c’était la chanteuse Amy Winehouse !

  2. Stephanie

    interessant, j’aime beaucoup ce type de romans comme cathulu, j’ai hésité en voyant la couverture, mais la fille a l’air malheureusement en trop bonne santé pour qu’on puisse se tromper!

  3. Emeraude

    moi aussi j’aime retrouver des endroits que je connais dans un livre. Du coup, je ne suis pas sûre que celui là me plaise, même s’il y a l’air d’avoir une ambiance typiquement québécoise!

  4. Anne

    Ta mère est astucieuse ;-)))

  5. goelen

    c’est quoi ton métier ?

  6. Karine

    Cathulu: Je me suis fait le même commentaire quand j’ai vu la couverture! Mais elle a quelques kilos en trop pout être Amy Winehouse!!! Stéphanie: Moi aussi, c’est un type de roman que j’aime bien! Emeraude: C’est très typiquement québécois, en effet! Même très typiquement de ma région! Anne: En effet, elle a plus d’un tour dans son sac! Goelen: Un métier qui m’implique surtout pas de faire répéter des mots à longueur de journée!!!

  7. Alice

    Un livre qui me tente bien, Merci Karine.

  8. Karine

    Alice: Si tu te laisses définitivement tenter, tu me diras ce que tu en as pensé!

  9. Nélimuse

    Mon commentaire n’A rien à voir avec la lecture, mais avec la température! Depuis que je suis déménagée dans les Basses-Laurentides et que je vis avec des « everest » de neige sur mon minuscule nouveau terrain, je compatis avec toi! mdr

  10. Karine

    Nélimuse: Il faut le vivre pour le croire, n’est-ce pas!!!! Ca peut être franchement impressionnant! Et avec la température d’aujourd’hui… ça devait être quelque chose!

  11. sylire

    J’adore l’idée géniale de ta mère 🙂

  12. Paul-André Proulx

    J’ai adoré ce livre parce qu’il décrit une année charnière au Québec et ailleurs. Il se situe dans un mouvement de libération qui a fait suite à Expo 67, Mai 68, et Woodstock 69. Quelle sera la femme de demain ? L’auteure souligne les contrastes entre sa jeunesse à elle et la génération qui la suit. Que fera la gent féminine devant ce vent nouveau? Même question que pose Marc Robitaille dans Un été sans point ni court sûr. C’est le pendant masculin de La Soeur de Judith.

  13. Karine

    Sylire: Ma mère a toujours ce genre d’idés géniales!!! Paul-André Proulx: Je n’ai pas lu le livre de Marc Robitaille mais si c’est dans la même ambiance que celui-ci, je risque d’aimer beaucoup. C’est en effet une période très particulière de l’histoire au Québec. Un gros vent de changement!

  14. amiedeplume

    Je n’ai pas aimé. Cette auteure et moi je pense que nous sommes pas compatible…

  15. Karine:)

    Amiedeplume: Il y en a des auteurs comme ça avec qui on n’a pas d’affinités.  Moi, ça m’a plu par contre… j’en garde un bon souvenir!

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