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Mar 02 2008

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The Kitchen God’s wife (La femme du Dieu du Feu) – Amy Tan

Kitchen-god-s-wife.jpg Résumé
Winnie et Helen, amies de longue date, ont gardé leurs lourds secrets pendant plus de 50 ans.  Quand Helen décide qu’elle a un cancer au cerveau et qu’il est temps de révéler la vérité, Winnie sait qu’elle doit d’abord en parler à sa fille, Pearl.  Lui raconter toute la vérité.  Même ce qu’elle a caché à Helen. 

Winnie raconte donc son histoire, alors qu’elle s’appelait Weili dans une petite île près de Shangai.  De son enfance auprès de sa mère, puis de ses tantes à son voyage vers les États-Unis.  Elle raconte comment elle a traversé la seconde guerre mondiale et comment elle a choisi de changer son destin. 

Commentaire
Je sais, je sais, j’étais supposée lire le livre en février, mois de naissance de l’auteure, choisie pour le challenge
Celebrate the author.  Mais j’ai une – enfin deux – bonnes excuses!  La première étant que je n’ai trouvé le livre qu’en fin de semaine dernière et la seconde étant que je lis à la vitesse « escargot léthargique » ces jours-ci.  Avec l’horaire des prochaines semaines, ça ne risque pas de s’améliorer!   Je manque d’heure dans mes journées.

J’ai donc choisi cet auteur parce que j’avais beaucoup aimé « Le club de la chance » il y a plusieurs années.  Et j’ai choisi ce roman parce que l’un des personnages exerce le même métier que moi!  Mais bon, on n’en parle pratiquement pas dans le roman… ce qui est plutôt bien parce que généralement, je grince des dents à certaines descriptions!

J’ai retrouvé dans ce roman les ingrédients que j’avais appréciés dans « Le club de la chance »: la confrontation des valeurs chinoises et occidentales, les relations mère-fille, le statut de la femme en Chine dans un passé pas si lointain.   J’ai beaucoup apprécié ce grand dépaysement, tant par la culture que par la langue.  C’est une autre atmosphère, un autre rythme et une autre façon de penser.  

Tant de choses semblent séparer Pearl de Winnie, sa mère.  La fille s’identifie davantage à la partie américaine de sa culture et ne comprend pas vraiment les réactions de sa mère, en a même un peu honte à l’occasion.  Et puis, sa mère raconte son histoire… et Pearl comprend… tout comme nous.   Avec le dévoilement de ces secrets, on assiste à un beau rapprochement à la fois entre les cultures et les générations.

Parce que la Chine des années 50, avec ses symboles, sa chance et sa malchance sont bien différents de l’Amérique actuelle.   À cette époque, les mariages étaient encore arrangés, la femme devait honorer son mari, ne pas trop parler, ne pas le contredire.  Elle devenait après son mariage sous son emprise ainsi que celle de sa belle-mère.   On assiste à l’impuissance de Weili, ses combats, ses espoirs et ses tourments face à son mari cruel (et il est vraiment détestable… il n’y a pas pire et en plus, il croit être dans son bon droit!).  Elle réagit comme son éducation le lui a appris, ne peut rien y faire car perdre son honneur était presque pire que de perdre la vie.  Elle subit mais n’est pas victime, gardant en elle cette petite flamme qui lui permet d’accepter, de pardonner même.  À presque tous…

J’ai particulièrement apprécié cette rencontre avec les coutumes chinoises, les usages de la politesse, des convenances, du respect… c’est tellement différent de ma réalité.  Cette espèce de code d’honneur entre Helen et Winnie, de donner un cadeau de remerciement sans en avoir l’air, de dénigrer les choses qu’elles veulent voir vanter…  J’ai beaucoup apprécié les explications qui sont données à certains comportements que j’aurais pour ma part intreprétés bien différemment (Helen n’est pas toujours facile à suivre!).    La culture chinoise se ressent aussi dans chacun des mots de Weili.  Maglré que tout le livre soit en anglais, les mots sont différents, la syntaxe est différente, les idées véhiculées sont différentes aussi.  On voit tout de suite la différence entre les chapitres consacrés à Pearl et ceux consacrés à Weili par la langue utilisée par l’auteur.  

Une lecture bien agréable, qui m’a un peu moins marquée que « Le club de la chance » qui était mon premier contact avec ce monde et cette culture mais qui vaut toutefois la peine d’être lu.   Je relirai avec joie d’autres livres de l’auteur… et quel adon… j’en ai justement acheté un second lors de mon dernier voyage à Montréal!  La vie fait parfois bien les choses… How lucky I am!!!!

8,5/10

(11 commentaires)

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  1. Emeraude

    ah dis donc je vais noter tout ça !!! la culture chinoise m’attire beaucoup ! mais tu n’as jamais fait d’article sur « le club de la chance », n’est ce pas ? je crois que malgré tout, je vais noter les deux 😉

  2. Emeraude

    ah et c’est quoi cette traduction du titre ? La femme du Dieu du feu ? Alors que d’après le titre original, c’est le Dieu de la cuisine… remarque, ça doit s’expliquer en lisant le roman je suppose!

  3. Anne

    Toi, tu as lu un livre avec un cancer du cerveau dedans????!!!!! Moi, je ne prends pas le risque ;-(((

  4. InFolio

    Ah, je note. Si je cherche une idée de lecture pour poursuivre ma découverte de la littérature asiatique, cette idée resservira. Surtout que celui-ci semble bien décrire les coutumes.

  5. Karine

    Emeraude: J’ai fait un article sur le club de la chance (je pense que j’ai mis le lien dans cet article) mais c’Était au début du blog, pour mes archives perso… beaucoup moins élaboré, donc! Et pour le titre… j’ai failli en parler dans mon billet. Oui, ça a un certain lien mais je préfère en anglais! Anne: On ne parle presque pas du fameux « cancer » et dès le début, on apprend qu’il est B-9 (comme le dit Helen). Il n’est pas du tout au centre de l’histoire… je crois que c’est un genre de livre que tu pourrais aimer! InFolio: On décrit les coutumes quotidiennes plus que les « grandes » coutumes… mais on comprend mieux leur façon de penser à la fin du livre. Une belle lecture!

  6. bladelor

    Ah enfin ! 😉 Je me demandais si tu avais jeté l’éponge ! La littérature asiatique ne me tente pas des masses, faudrait que je m’y essaye un jour…

  7. Karine

    Bladelor: Hé non, je n’avais pas jeté l’éponge!!! Je suis juste « slow motion » dans mes lectures ces temps-ci! Comme toi, j’ai lu très peu de littérature asiatique… mais comme Amy Tan est américaine (avec les thèmes de ses romans, j’imagine qu’elle a eu à dealer avec cette double identité étant jeune) , elle met en perspective et explique les parties qui nous apparaîtraient trop bizarres… je crois que c’est pour ça que je l’aime bien!

  8. Charlie Bobine

    Je note plutôt le «Club de la chance» (c’est ça?) :)))

  9. Karine

    Charlie Bobine: En effet, « Le club de la chance » est un roman que j’ai beaucoup aimé. Tu as plus de chances de le trouver en bouquinerie qu’en librairie, toutefois! Au pire… je pourrai te servir de bibliothèque privée sur ce coup-là!

  10. Grominou

    Ah oui, j’avais bien aimé, de même que The Joy Luck Club… Du coup tu me donnes envie de remettre Amy Tan sur ma LAL! J’aime bien sa façon de nous montrer la différence des deux cultures!

  11. Karine

    Grominou: Moi aussi j’aime beaucoup les parallèles qu’elle trace. Ca nous rend les choses très accessibles! J’ai aussi « The hundred secret senses » dans ma PAL (tant qu’< en acheter un...) et je le lirai certainement au cours de l'année!

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